Jim Flaherty: il a fait une différence pour les Canadiens qui vivent avec un handicap

le 16 avril, 2014

L’image que plusieurs Canadiens ont de Jim Flaherty est celle du Ministre des Finances fédéral qui a aidé à guider le Canada à travers l’éprouvante  crise économique de 2008. Pour eux, il était un homme d’affaires, quelqu’un axé sur les chiffres et consacré à la santé fiscale de son pays.

Plusieurs autres personnes ont vu un côté différent de M. Flaherty. Ils ont connu un père ayant un engagement et une passion envers les personnes qui vivent avec un handicap. Ils ont vu un homme qui a essuyé une larme quand la construction du Abilities Centre de Whitby, en Ontario, a commencé, ou qui a débordé d’émotion en discutant du régime enregistré d’épargne-invalidité qu’il a défendu. 

Comme n’importe quel économiste, M. Flaherty a surveillé la ligne du bas, mais cela n’a pas influencé sa conscience sociale, spécialement quand cela concernait l’inclusion et l’accessibilité.

«Il a vraiment apporté une lumière sur les problèmes que vivent les personnes ayant un handicap au Canada», a dit Karen O'Neill, directrice générale du Comité paralympique canadien. «Il pensait aux choses quotidiennes qui constituaient les plus gros défis.»

M. Flaherty est décédé d’une crise cardiaque la semaine dernière à 64 ans.

Le fait que 3,8 millions de Canadiens vivent avec un handicap constituait plus qu’un chiffre pour M. Flaherty. Un de ses fils triplets, John, a un grave handicap de développement. John a subi un dommage cérébral quand il a été piqué par un insecte quand il était enfant et qu’il a attrapé l’encéphalite. Cela a ouvert une fenêtre très personnelle pour M. Flaherty pour voir les défis et les triomphes de quelqu’un avec un handicap.

«Être le père de John a changé ma perception de ce qui est vraiment important dans la vie», a écrit M. Flaherty dans un article en 2010 publié par l’Association canadienne pour l’intégration communautaire. «Dans ma vie publique, le handicap de John m’a toujours rappelé les besoins des personnes ayant un handicap et le besoin d’agir, pas seulement de parler.»

M. Flaherty n’a pas fait que parler. Son soutien et sa promotion ont aidé l’Abilities Centre a devenir reconnu sur la scène internationale comme un catalyseur pour rassembler la collectivité sportive paralympique. Plusieurs personnes croient que la création du REÉI, un programme unique au monde qui utilise le système des impôts pour créer plus d’indépendance pour les personnes qui vivent avec un handicap, est peut-être son héritage le plus durable.

M. Flaherty a aussi compris à quel point le sport paralympique peut être un puissant outil de transformation, élevant la sensibilisation pour les personnes ayant un handicap au Canada en aidant à briser les barrières de l’acceptation et de l’emploi. Son dernier budget incluait un supplément annuel de 23 millions $ de financement avec une portion de cet argent allant au Comité paralympique canadien et aux Olympiques Spéciaux Canada.

«Nous donner le financement assuré à long terme nous a permis de passer de simplement essayer d’envoyer une équipe aux Jeux suivants à penser comment nous pouvons exploiter cela au-delà du décompte des médailles», a dit Gaétan Tardif, le président du Comité paralympique canadien.

Ses contributions envers les personnes vivant avec un handicap ont été vastes, mais M. Flaherty n’a jamais cherché la reconnaissance. Il nous manquera, mais sa vision profitera aux générations futures.