Alison Levine acquiert son indépendance grâce au parasport

« Cela m’a donné une identité autre que la personne dans le fauteuil roulant »

TORONTO – Alison Levine était une jeune adolescente quand elle a reçu ce qu’elle appelle la nouvelle dévastatrice.

Elle a été diagnostiquée avec un état neuromusculaire appelé dystrophie musculaire idiopathique et on lui a dit qu’elle perdrait graduellement ses capacités physiques. Cela voulait aussi dire qu’elle aurait besoin d’aide et serait dans un fauteuil roulant pour le restant de sa vie.

« À ce moment-là, vous voulez simplement tirer les couvertures par-dessus votre tête et dire: Ça y est. C’est fini. »

Mais plutôt que d’aller se coucher, la femme de 29 ans de Montréal est allée au gymnase et s’est impliquée dans le sport. Elle a joué au basketball en fauteuil roulant, au rugby en fauteuil roulant et a même participé à des compétitions d’équitation.

Éventuellement, elle a trouvé ce qu’elle appelle son sport. C’est le boccia et aujourd’hui elle est classée deuxième au monde et considérée un des meilleurs espoirs de médaille du Canada aux Jeux parapanaméricains 2019 et aux Jeux paralympiques 2020.

« Le parasport m’a donné une raison de continuer », a-t-elle dit récemment au sommet du contenu du Comité paralympique canadien à Toronto. « Je n’étais plus cette enfant handicapée. 

« J’étais une athlète. Je voulais constamment m’améliorer et cela m’a donné une identité autre que la personne dans le fauteuil roulant. »

Il y a moins de deux ans, elle a pu faire un pas de géant dans sa vie. Elle a déménagé de la maison de ses parents pour aller vivre dans son propre appartement.

« J’ai un endroit qui a de l’aide 24/7 et les repas sont inclus », a-t-elle dit. « Mais j’ai mon propre espace privé, c’est mon appartement, et je vis ma vie comme je veux la vivre. Une des raisons pourquoi j’ai pu déménager est à cause de la confiance que le sport m’a donnée. »

Même si elle sait que son histoire de vaincre la chance pour acquérir de l’indépendance est importante à communiquer au monde, il n’y a rien que Levine aime plus que parler de son sport.

Le boccia peut être le mieux décrit comme semblable au boulingrin ou même au curling. Les joueurs marquent des points en lançant ou en faisant rouler des balles de couleur le plus près possible d’une balle blanche cible appelée le jack. Au niveau paralympique, il est joué par des athlètes ayant de la paralysie cérébrale et des habiletés motrices déficientes.

Le sport exige autant d’attention pour la concentration mentale que lors de l’entraînement sur le court.

« Nous avons un programme qui nous aide pour notre concentration et notre attention », a dit Levine. « Nous pratiquons la pleine attention et la méditation, faisons des exercices de respiration profonde et de visualisations. »

Levine a terminé quatrième aux championnats du monde l’an dernier à Liverpool et s’est hissée au deuxième rang mondial ce mois-ci quand elle a remporté la médaille d’or dans sa ville d’origine lors de l’Omnium de Montréal.

« Parce que je joue individuellement et en duos, c’est comme avoir deux compétitions de suite », dit-elle. « Il est important de conserver de l’énergie pendant toutes ces compétitions pour que, quand arrivent les importants matches de quart de finale et de demi-finale, je sois toujours en grande forme. »

Si elle n’est pas occupée à parcourir le monde pour son sport et établir ses racines personnelles, Levine a été récemment élue au conseil des athlètes du Comité paralympique canadien.

Dans le conseil, elle espère créer des occasions pour d’autres athlètes ayant des déficiences graves pour qu’ils acquièrent leur propre indépendance.

« Je veux m’assurer que nous sommes traités avec la même dignité et respect que les autres para-athlètes même si nous avons besoin de plus d’aide. Je sais que grâce au conseil je pourrai donner à ceux d’entre nous dans cette situation une voix forte. »