Huit années en dehors du sport ont été suffisantes pour Jessica Tuomela

Dans quoi m’étais-je embarquée?

 

TORONTO – Jessica Tuomela a été frappée par la démangeaison des huit ans quand elle a décidé de plonger dans le paratriathlon. C’est la durée de l’arrêt compétitif sportif pour l’athlète de déficience visuelle après une carrière couronnée de succès avec la formation nationale de paranatation qui a inclut deux Jeux paralympiques. 

Dans cette période entre ses carrières compétitives, Tuomela, qui est devenue aveugle à cause du rétinoblastome à trois ans, a terminé ses études de premier cycle, a obtenu un certificat de masso-thérapeute, a travaillé pendant quatre ans dans le domaine et a complété sa maîtrise en travail social.

« J’essayais vraiment de demeurer hors du sport », a-t-elle dit au Sommet du contenu du CPC plus tôt cette année. « Mais ce désir grandissant de concourir et de m’entraîner vraiment n’est jamais parti. Donc, fondamentalement, huit ans plus tard, j’ai décidé que je voulais essayer le triathlon, voir si j’y étais bonne et voir si j’avais encore quelque chose dans le réservoir. »

 

Maintenant, le régime d’entraînement pour les nageurs de haute performance est déjà considéré épique. Triplez cela pour le triathlon, plus le besoin d’une guide et Tuomela doit avoir pensé qu’elle était tombée dans ses retranchements. 
 Cela a été confirmé quand elle a participé à son premier entraînement de natation en eau libre. Outre l’absence de couloirs, Tuomela est aussi attaché par la hanche à sa guide.

« La première fois que j’ai enfilé une combinaison, j’ai eu une crise de panique », a dit l’athlète de 35 ans originaire de Sault Ste-Marie. « Puis je suis entrée dans un lac et je devais nager un style que je n’avais à nager que pendant environ 150 mètres avant que j’aie à arrêter. 

« Je pensais que j’étais supposée être bonne dans cette partie. Que se passerait-il avec les autres sports? Dans quoi m’étais-je embarquée?

« L’eau libre est quelque chose de très différente de la natation en couloir. »

La partie de la course à pied n’était pas une promenade au parc non plus. Les coureurs sont reliés au poignet.

« Courir est toujours le plus gros défi pour moi après deux ans », dit-elle. « J’ai des pieds de nageuse et ils sont incroyablement flexibles. J’ai dû apprendre à courir et être à l’aise à grande vitesse puisque je ne vois rien du tout. »

Dans la portion de cyclisme, l’athlète et le guide roulent sur un vélo tandem. Tuomela dit que c’est l’aspect le plus haute technologie du sport. Beaucoup comme le ski para-alpin pour la déficience visuelle, la guide est devant et doit être en contact constant avec sa coureuse pour piloter dans les virages, les bosses et les dépassements qui se produisent dans une course.

Tuomela rend hommage à l’entraîneur de l’équipe nationale canadienne, Carolyn Murray, pour sa patience avec elle dans son développement comme triathlète.

« Je ne sais pas pourquoi elle a décidé de me prendre puisque, d’abord, je n’étais même pas capable de courir cinq kilomètres » a dit Tuomela. « Elle doit avoir vu quelque chose. Elle a consacré beaucoup de temps et d’énergie pour m’enseigner. »

La saison dernière, dans la compétition du circuit de paratriathlon de l’ITU à Edmonton, Tuomela a écrit une page d’histoire avec sa guide de l’époque Lauren Babineau. Elle est devenue la première athlète entièrement aveugle à gagner une médaille d’or dans une épreuve du circuit.

Cette année, dans sa première course dans le circuit, elle a terminé quatrième avec sa nouvelle guide Marianne Hogan. Elles participeront plus tard cette année aux épreuves internationales à Montréal et Magog ainsi qu’aux championnats du monde en Suisse.

Elles espèrent être au départ aux Jeux paralympiques de 2020 à Tokyo.

« Jusqu’à Edmonton, je ne pensais même pas à représenter le Canada parce que je n’étais pas certaine de me représenter moi-même », a-t-elle dit. « Maintenant j’en suis à un point où le conditionnement aérobique et l’entraînement sont là. 

« Combien de personnes peuvent effectuer un retour après huit ans. C’est un énorme privilège. »