Les chercheurs canadiens examinent la qualité des options offertes aux personnes ayant un handicap en matière d’activité physique

La qualité, et pas seulement la quantité, joue un rôle important dans le développement de parasport

KELOWNA – Si des plans détaillés sont essentiels pour tout projet, une équipe de chercheurs — travaillant en consultation avec le Comité paralympique canadien (CPC) — a déclaré que la création d’un plan détaillé est cruciale dans la mise en place de programmes sportifs incluant les personnes ayant un handicap. 

Kathleen Martin Ginis, chercheuse au sein de l’Université de la Colombie-Britannique, de concert avec une équipe de scientifiques de plusieurs universités et de leaders du monde du sport pour personnes en situation de handicap d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord, a étudié la qualité des activités relatives au sport offertes aux personnes ayant un handicap.

Les occasions pour les personnes ayant un handicap de participer à un sport organisé augmentent chaque année au Canada, a déclaré Mme Martin Ginis, qui dirige le Projet canadien sur la participation sociale des personnes en situation de handicap au campus d’Okanagan de l’UBC. Toutefois, ajoute-t-elle, tous les programmes ne sont pas pareils. 

« Même s’il est important de soutenir les organismes de sport dans leurs efforts pour offrir des opportunités de s’adonner au sport aux personnes ayant un handicap, il est peut-être temps de commencer à s’intéresser à la qualité de ces opportunités », déclare Mme Martin Ginis.

« La recherche a prouvé qu’il est essentiel que les personnes en situation de handicap mènent une vie active », indique la chercheuse Amy Latimer-Cheung, de la Chaire de recherche du Canada sur la promotion de l’activité physique et l’invalidité à l’Université Queen’s. 

« Il a été prouvé que le sport promeut l’activité physique chez les personnes ayant un handicap et qu’il a la capacité de renforcer l’autonomie, de créer un sens de la communauté et de redéfinir les identités personnelles. » 

Pour accroître les chances des personnes ayant un handicap de profiter de ces bienfaits, la qualité du parasport fait maintenant l’objet d’un examen. 

« La qualité de l’expérience doit être au cœur de toute activité sportive », explique Mme Latimer-Cheung. « Les participants doivent avoir un sentiment d’appartenance et sentir qu’ils ont le choix. Ils doivent se sentir stimulés, performants et concentrés. Par ailleurs, ils doivent trouver leur activité enrichissante. » 

L’équipe de recherche suggère que des expériences positives comme ce qui est décrit aideront les personnes ayant un handicap à persévérer dans le sport et à en tirer tout un éventail de bienfaits sur le plan personnel et de la performance. De plus, un nombre accru de participants au parasport contribuera à consolider le système sportif partout au Canada, ce qui permettra de développer un plus grand nombre d’athlètes de haute performance.

Dans cette optique, l’équipe a présenté un outil fondé sur des données probantes intitulé Blueprint for Building Quality Participation in Sport for Children, Youth, and Adults with a Disability qui peut aider les organismes de sport à déterminer s’ils offrent des opportunités de qualité. (*Veuillez noter que pour le moment cet outil n’est disponible qu’en anglais) 

Cet outil utilise les recherches les plus récentes pour élaborer des formules permettant de renforcer la qualité de la participation à des programmes sportifs conçus spécifiquement pour les personnes ayant un handicap. 

« Les administrateurs sportifs, les entraîneurs et les décideurs qui œuvrent dans le sport pour les personnes en situation de handicap doivent faire de la qualité de leurs programmes une priorité », affirme Mme Martin Ginis. « Ils disposent maintenant d’un outil fondé sur des données probantes pour les aider dans leur démarche. » 

La chef de la direction du CPC, Karen O’Neill, a indiqué que l’organisation travaillera aux côtés de ses partenaires sportifs pour trouver le meilleur moyen d’utiliser le plan afin d’améliorer la qualité des installations disponibles pour les para-athlètes.

« C’est un travail très important. Nous applaudissons et appuyons Kathleen Martin Ginis et toute l’équipe de chercheurs pour leurs efforts dans l’amélioration du développement du parasport », ajoute Mme O’Neill. « Nous savons à quel point la pratique d’un sport peut avoir un impact positif sur la vie des personnes ayant un handicap. En leur offrant des expériences de qualité, nous augmentons les chances d’en faire des personnes qui s’adonneront au sport pendant toute leur vie et de développer des athlètes de haute performance, ce qui favorisera la croissance d’un système sportif paralympique solide et durable au Canada. »

La recherche présente un cadre de participation de qualité au parasport, qui se concentre sur six éléments expérientiels qui constituent les composantes de base d’une expérience de qualité en parasport. Dans ces composantes de base, l’équipe a déterminé 25 conditions liées à l’environnement physique, à l’environnement social et aux activités qui favorisent les expériences de qualité. L’objectif ultime est de permettre à toutes les personnes engagées dans le parasport de vivre la meilleure expérience possible. 

« Notre recherche, ainsi que le plan qui l’accompagne, souligne qu’une approche à volets multiples est nécessaire pour assurer une expérience de qualité à tous les participants », ajoute Mme Martin Ginis. 

Les conclusions de la recherche, financée en partie par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et par le Projet canadien sur la participation sociale des personnes en situation de handicap, ont récemment été publiées dans la revue Psychology of Sport and Exercise.