Réflexions de Benoit Huot sur l’importance de l’accessibilité

« Chaque enfant, chaque personne, doit avoir l’occasion de jouer »

Benoit Huot a peut-être pris sa retraite du sport de haute performance cette année, mais il n’a pas ralenti le rythme quand il s’agit de faire passer le message au sujet du sport paralympique, de la nécessité de rendre le sport plus accessible pour tous et de l’impact que peut avoir le sport sur une personne. 

Huot, né avec un pied bot, est un des paralympiens les plus décorés du pays, avec 20 médailles à son palmarès en natation. Il a découvert le sport dans son enfance, et c’est dans la piscine qu’il se sentait le plus à l’aise. 

La Fondation Bon départ de Canadian Tire, partenaire du Comité paralympique canadien, célèbre actuellement le mois Bon départ pour promouvoir l’accès au jeu pour tous les enfants et éliminer les obstacles, qu’ils soient financiers ou physiques, qui empêchent les enfants de faire du sport. 

Huot croit fermement au pouvoir du sport pour tous, et vous trouverez ci-dessous certaines de ses réflexions sur l’accessibilité, alors que nous célébrons le mois Bon départ.

Que signifie l’accessibilité pour vous? 

« Quand je pense à l’accessibilité, je pense au moment présent, je pense à notre pays et au fait que nous en faisons une priorité. Notre gouvernement a placé l’accessibilité au cœur de son plan avec la nouvelle Loi canadienne sur l’accessibilité. C’est un moyen puissant et innovateur pour faire de nous un pays totalement inclusif et pour faire en sorte que tout le monde ait droit aux mêmes occasions de croissance, peu importe nos différences. » 

Que signifie l’accès au jeu pour tous pour vous?

« L’accessibilité fait maintenant partie de la législation de notre pays, alors chaque enfant aura la possibilité de jouer. Chaque enfant, chaque personne, doit avoir l’occasion de jouer, et si le jeu n’est pas accessible aux personnes différentes, cette occasion est inexistante. Toutefois, avec l’adoption de la loi sur l’accessibilité, à travers différents programmes et initiatives, et grâce à des organisations comme Bon départ, les pièces du casse-tête commencent à se mettre en place : nous visons tous le l’accès au jeu pour tous. » 

À quels obstacles avez-vous déjà eu à faire face? 

« En grandissant, je voulais jouer au hockey et au baseball, et cela n’a pas marché parce que je n’étais pas entouré des bonnes personnes et je n’avais pas accès à des entraîneurs, mais il y a 20 ou 25 ans, le sport accessible n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Je suis content que la prochaine génération et nos enfants aient l’occasion de vivre et de se développer à travers le jeu et le sport. J’ai connu des moments difficiles jusqu’à ce que je découvre la natation à l’âge de huit ans, et c’était le sport parfait parce que je m’y sentais libre, comme un poisson dans l’eau, et c’était la première fois de ma vie que, malgré ma différence, je sentais que mon pied n’avait aucun impact. »

Quelle serait une solution facile, à laquelle on ne pense pas toujours, qui permettrait d’améliorer l’accessibilité?

« Une façon d’améliorer l’accessibilité pour les personnes ayant une déficience visuelle, par exemple, serait de décrire les choses. Au lieu de dire “Regarde ça”, on peut décrire ce qu’on voit en disant “Il y a quelqu’un de l’autre côté de la rue qui joue avec un chien, et c’est assez drôle”. Ce sont de petites choses comme ça auxquelles ceux qui ne vivent pas avec une personne ayant un handicap ne penseraient pas. Il peut s’agir aussi d’installer tous les bureaux sur un seul palier, pour que les personnes en fauteuil roulant n’aient pas à faire face à l’obstacle que constituent les escaliers. Il y a quelques petits détails qu’on comprend lorsqu’on vit dans ce monde. Ce sont des petites choses qui font la différence. » 

Quel message aimeriez-vous faire passer en ce qui concerne l’accès au jeu? 

« Premièrement, je voudrais remercier tous ceux qui en font une priorité parce que les gens n’ont aucune idée de l’impact que peuvent avoir le jeu et le sport sur le développement d’un adolescent ou d’un enfant. Je suis heureux d’avoir vu les nouveaux terrains de jeu construits par Bon départ, et les enfants, avec ou sans handicap peuvent y joueur ensemble, et c’est ça le pouvoir du sport. »