Les curleurs canadiens remportent deux victoires à PyeongChang

«Il faut trouver un moyen pour nous mettre en branle plus tôt dans la partie»
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«C’était très agréable comme partie.»

Voici comment le skip canadien Mark Ideson a résumé le plus récent gain de son équipe, 6-5 en manche supplémentaire, contre les États-Unis mardi soir. 

«Ils sont très sympas et il y a beaucoup de camaraderie sur la piste,» a remarqué Ideson à propos de ses adversaires américains. «Nous avons beaucoup de respect pour cette équipe. Ce sont de bons joueurs, et des gens bons.»

Ideson et Équipe Canada étaient raisonnablement les seuls à tirer du plaisir de l’expérience, alors que le reste du camp canadien se rongeait les ongles. Encore une fois, le Canada a affiché un recul tôt dans la partie, à savoir un déficit de 3-0 au bout de deux manches. 

Mais tout comme au match en matinée contre la Chine, les Canadiens ont fermé l’écart, lentement mais sûrement, en volant une série de manches. Ils ont fini par prendre le dessus tard dans la partie. Le Canada a maintenant 18 manches volées à son compte (devancé seulement par les A.P.N.), mais ce n’est pas forcément la stratégie qu’Ideson préfère déployer.

«Il faut trouver un moyen pour nous mettre en branle plus tôt dans la partie, et maintenir un match serré, pour ne pas avoir à prendre tant de risques au fur et à mesure que la partie se déroule,» a-t-il dit. «Nous l’échappons belle à présent, mais quand on mise sur les vols, il y a inévitablement pas mal de pierres en jeu, et il y a le risque réel d’accorder un tas de points à l’adversaire.»

Après son vol d’un point en 4ème manche, le Canada était encore mené par un point. En 5ème manche, le scénario le plus sûr aurait été de contraindre les Américains à un point, cependant Ideson a trouvé le plus étroit de passages pour sortir le marqueur américain et établir sa pierre sur le bouton. Le skip américain Kirk Black a effleuré les gardes avec son lancer, et les Canadiens en sont sortis avec un autre vol.

«Je pense que le vent a tourné à plusieurs reprises dans le match,» a remarqué le natif de London, Ont. «La chance m’a souri à ce tir en cinquième manche, et en même temps cela nous a donné un bel élan.» 

Mais en septième manche c’étaient les Américains qui avaient le vent en poupe : Black a réussi un coup franc difficile pour le doublé. Encore en huitième manche, Ideson avait la possibilité de faire un placement pour deux points et le gain. Mais sa pierre s’est immobilisée d’un cheveu à court, et la partie s’est prolongée en manche supplémentaire. 

En 9ème manche, le Canada a préparé la voie à un vol assez sûr, et Ideson a lancé une garde à son dernier tir pour bloquer effectivement la seule voie possible pour permettre aux Américains d’enregistrer des points. Mais son lancer a glissé un couple de pieds plus loin que prévu, servant aux Américains une possibilité d’accaparer la victoire. 

«Quand mon dernier tir a fini par être trop pesant, je pensais que les jeux étaient faits. Je pensais que je leur avais servi une victoire certaine.»

Le tir du skip américain a emprunté le même parcours que celui d’Ideson, a frappé la pierre canadienne et s’est éloigné du bouton dans sa roulée. Le Canada en est sorti avec sa cinquième victoire sur le tournoi, et un dossier 5-2 alors que les États-Unis sont maintenant en queue du classement (1-6).

«C’était une partie très agréable,» a répété Ideson. «Nous ne trouvons rien à reprocher les uns aux autres sur cette équipe. Il se peut qu’un joueur ne joue pas à son mieux, mais alors nous savons remonter le moral de cette personne, et toute l’équipe est en solidarité. C’est vraiment génial de faire partie d’un tel groupe.»

Le Canada revient de l’arrière contre la Chine

Le Canada se forge une réputation de maître du retour en force en curling en fauteuil roulant à ces Jeux Paralympiques 

Dans leur match contre la Chine, les Canadiens se sont remis d’un déficit de quatre points –pour une deuxième fois cette semaine – transformant un recul 5-1 en une victoire 8-5 sur la tête du classement chinoise.

«Je suis très fier de l’équipe,» a dit le skip canadien, Mark Ideson. «Nous nous sommes creusé un trou tôt dans la partie…encore une fois. C’est un peu le thème de notre équipe, et moi en particulier – nous sommes lents à démarrer. Mais mon équipe ma élevé à la victoire en fin de compte.»

Effectivement, Ideson n’était pas au sommet de sa forme aux manches initiales; il a raté quelques lancers qui ont coûté cher et qui auraient pu changer la dynamique de la partie. Après une série de telles frustrations, le Canada a abordé la mi-temps avec un recul de 4 points sur son adversaire. 

L’entraîneur Wayne Kiel (Regina) a employé des paroles corsées avec l’équipe à la mi-temps, et il paraît que son discours de motivation a eu l’effet désiré, car le Canada a marqué sept points contre zéro pour la Chine à la deuxième moitié de la partie.

«Il nous a raconté l’histoire d’un de ses amis qui avait l’habitude d’aller lancer des pierres dans un club de curling, un club à une seule piste. Il allait faire des lancers tout seul : c’était juste lui, les pierres et la glace,» a dit Ideson (London, Ont.). «Et c’est l’attitude que nous avons adoptée : remonter aux sources. Lancer des pierres, tirer du plaisir des mouvements simples.»

Et cette stratégie a rapporté. Après avoir récolté un doublé en cinquième manche, le Canada a volé quatre points lorsque le capitane chinois Haitao Wang a effleuré une garde avec son dernier tir. Les Canadiens ont volé encore en septième manche, et en huitième manche ils ont dérobé à leurs adversaires toute possibilité de marquer des points quand le deuxième Dennis Thiessen (Sanford, Man.) a exécuté un frapper-et-rouler parfait sur le bouton, derrière des gardes.

«C’était le caractère qui l’a emporté, et cela en dit long sur la qualité du groupe que nous avons ici,» a remarqué Ideson. «Nous sommes le genre d’équipe qui refuse de se laisser faire. Il faut tout simplement trouver un parcours qui n’est pas si long et sinueux.”»