Financés en partie par la Fondation paralympique canadienne (la Fondation), camps offrent à des athlètes comme Nyakundi l’accès à de l’entraînement de qualité, à un mentorat et à des expériences de haute performance qui les aident à se préparer à progresser.
La première fois que Mercy Nyakundi a essayé de jouer au basketball en fauteuil roulant, elle ne rêvait ni de participer à des compétitions internationales ni de porter le chandail du Canada.
Née avec le spina bifida, elle était dans un centre de rééducation et jouait avec un jeu de minibasket pour enfants quand unentraîneur a proposé à sa famille de l’inviter à essayer ce sport.
« Au début, j’étais réticente », se souvient Nyakundi. « Je ne savais pas si ça m’intéressait vraiment. »
Encouragée par son père, elle a décidé d’essayer.
Ce qui l’a d’abord captivée, ce n’était pas le jeu en soi, mais le sentiment de liberté.
« Je pouvais aller vite et le simple fait de pouvoir filer à toute allure devant les autres, c’est ce qui m’a convaincue. »
Son initiation au parasport a inspiré son parcours, qui l’a finalement menée jusqu’à l’équipe nationale.
Plus Nyakundi perfectionnait ses compétences, plus elle découvrait de nouvelles possibilités. Son personnel entraîneur a commencé à parler de jouer au basketball en fauteuil roulant au niveau universitaire, puis la perspective de représenter le Canada semblait davantage devenir un objectif réaliste, plutôt qu’un rêve lointain.
« Plus je gagnais en vitesse et en technique, plus j’étais motivée à l’idée de jouer au sein d’une équipe nationale », explique-t-elle.
Nyakundi a donc participé à plusieurs camps de perfectionnement et à des séances d’entraînement avec l’équipe nationale, qui ont grandement contribué à forger l’athlète et la personne qu’elle est aujourd’hui.
Les camps, qui rassemblent de jeunes athlètes de partout au pays, lui ont offert un cadre unique axé sur l’apprentissage, l’épanouissement et les relations humaines. Nyakundi considère que ces camps représentent bien plus qu’un simple lieu où perfectionner ses compétences en basketball.
« C’est vraiment génial, car on a la chance de fréquenter un grand nombre de jeunes au même endroit et on peut apprendre auprès de plusieurs membres du personnel entraîneur », précise-t-elle.
Cette expérience l’a aidée à renforcer sa confiance en elle, à apprendre aux côtés d’athlètes aux parcours variés et à définir clairement sa place au sein de ce sport.
« Il n’y avait aucune pression », ajoute-t-elle. « On a pu approfondir notre connaissance de soi, tout en améliorant nos compétences en basketball. »
Financés en partie par la Fondation paralympique canadienne (la Fondation), ces camps offrent à des athlètes comme Nyakundi l’accès à de l’entraînement de qualité, à un mentorat et à des expériences de haute performance qui les aident à se préparer à progresser.
Pour Nyakundi, avoir eu la chance d’y participer a été déterminant.
« Je ne pense pas que j’aurais pu m’adapter aussi facilement à l’équipe senior », admet-elle. « On ne m’a pas juste jetée dans l’arène pour tout apprendre sur le tas. Je connaissais déjà bien le milieu, car j’ai eu l’honneur d’apprendre auprès de plusieurs entraîneuses, entraîneurs et athlètes. »
Le camp lui a permis d’apprendre bien plus que sur le plan sportif. Elle a acquis une plus grande confiance en elle pour s’adapter à de nouveaux environnements, consciente qu’elle avait sa place et qu’elle pouvait rivaliser avec l’élite du pays.
Cette préparation a porté ses fruits en 2025 : on a sélectionné Nyakundi pour représenter le Canada aux Jeux parapanaméricains de la jeunesse à Santiago, au Chili.
L’équipe, qui se composait d’autres athlètes du programme NextGen, a dû relever un défi unique. Contrairement à de nombreuses équipes internationales, elle ne comptait pas d’athlètes d’expérience pour la guider pendant sa première grande compétition.
« C’était comme s’il n’y avait que nous et nous devions trouver nos marques dans ce nouvel univers où nous représentions notre pays », raconte-t-elle.
Cette expérience a poussé Nyakundi à progresser rapidement, aussi bien comme athlète que comme cheffe de file sur le terrain.
« J’ai dû apprendre à prendre des décisions et c’était parfois difficile, mais c’était aussi vraiment stimulant. »
La jeune équipe canadienne a réussi à se montrer à la hauteur : elle a remporté la médaille d’or pour couronner une première expérience internationale mémorable.
« Rien au monde ne me ferait arrêter », affirme-t-elle. « C’était ma première expérience internationale et je suis vraiment reconnaissante d’avoir eu cette chance, surtout à un si jeune âge. »
Peu après son succès au Chili, Nyakundi a franchi une nouvelle étape importante et a intégré l’équipe nationale senior féminine canadienne de basketball en fauteuil roulant.
En septembre, elle a participé aux Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant à Ottawa, où elle a aidé le Canada à remporter une médaille d’argent, un exploit particulièrement spécial, puisque réalisé à domicile.
« C’était ma première année, un événement majeur et ça se passait chez moi », raconte-t-elle. « Ma famille a enfin pu me voir jouer en personne. »
Nyakundi n’oubliera jamais l’ambiance qui y régnait ce jour-là.
« Je n’avais jamais vu autant de monde. Il y avait un bruit d’enfer. Les gens étaient tellement enthousiastes pour nous. »
Le public ne voit souvent que les épreuves sportives majeures, mais Nyakundi sait que le parcours qui mène à ces moments-là commence des années plus tôt, dans les camps d’entraînement ainsi qu’à l’aide de programmes de formation et des systèmes de soutien qui aident les athlètes à progresser.
« Il faut beaucoup d’efforts pour faire progresser le sport », explique-t-elle. « Pour nous, les athlètes, pouvoir participer à plusieurs camps d’entraînement, voyager dans d’autres pays et s’exercer, ça demande beaucoup d’efforts. »
Aujourd’hui, forte d’une médaille d’or aux Jeux parapanaméricains de la jeunesse et d’une médaille d’argent aux Championnats du monde, Nyakundi reste déterminée à continuer à progresser.
« J’ai beaucoup appris », confie-t-elle. « Surtout sur le plan mental et émotionnel. Je veux devenir une athlète vraiment accomplie. »
Quand elle pense à ses prochaines compétitions, elle espère continuer à s’appuyer sur les bases qui l’ont aidée jusqu’à maintenant.
« Je pense que c’est essentiellement ce que nous essayons de faire », ajoute-t-elle. « C’est presque comme un cycle. On donne en retour, puis un jour, une autre personne prend le relais et continue à jouer son rôle. »
Le parcours de Nyakundi, celui d’une jeune athlète hésitante qui représente aujourd’hui le Canada sur la scène internationale, témoigne de ce qu’il est possible d’accomplir quand on offre des possibilités à des talents qui ont de la volonté. Le Comité paralympique canadien et la Fondation paralympique canadienne contribuent à favoriser des parcours comme celui de Nyakundi à l’aide de programmes de développement des athlètes, notamment des camps comme ceux auxquels elle a participé.
Les camps, les compétitions et les occasions de perfectionnement qui ont façonné son parcours n’ont pas seulement contribué à faire d’elle une athlète de l’équipe nationale, mais lui ont également permis d’acquérir de la confiance en soi, des qualités de cheffe de file et un sentiment d’appartenance.
Le parcours de Nyakundi nous rappelle que l’appui offert tôt dans la carrière des athlètes a une portée beaucoup plus importante que les limites du terrain.