Les para-athlètes développent leur marque et rejoignent leurs fans au moyen des médias sociaux

Louis Daignault
24 février, 2026

« De nos jours, cela fait partie de la vie d’un athlète de haut niveau. »

CALGARY — Lorsque la paralympienne canadienne Michaela Gosselin a commencé à partager son parcours dans les médias sociaux, elle n’avait pas réalisé à quel point cela trouverait un écho chez les autres.

De sa lutte contre le cancer à sa routine d’entraînement en tant que membre de l’équipe nationale canadienne de ski para-alpin, son influence et sa visibilité rejoignent un auditoire qui inclut des personnes vivant avec un handicap, et elle en est ravie.

« S’il y a d’autres athlètes ayant un handicap qui me suivent, j’espère pouvoir les aider en traçant une voie », indique Gosselin, qui a reçu un diagnostic de cancer à 18 ans, qui a nécessité une scapulectomie au niveau de l’épaule gauche.

L’année dernière, cet espoir s’est matérialisé. Une autre athlète est entrée en contact avec Gosselin après avoir subi les mêmes chirurgies oncologiques. Ce message a été à l’origine d’une relation de mentorat inattendue qui, selon Gosselin, est la chose la plus forte suscitée par sa présence en ligne.

« J’ai été vraiment heureuse de pouvoir l’aider. Parfois, je ne me rends pas compte du nombre de personnes que je touche », indique la skieuse para-alpine de 25 ans, qui se prépare à prendre part à ses deuxièmes Jeux paralympiques, le mois prochain, à Milan Cortina. « Puis, les gens viennent me voir et disent : “J’ai vraiment aimé ta dernière publication, comment ça va ? C’est tellement intéressant de suivre ton parcours.” »

« C’est vraiment incroyable d’avoir un tel impact. »

Ce n’est un secret pour personne, générer de la visibilité en dehors des Jeux a toujours représenté un défi énorme pour les paralympiens et la plupart des olympiens. Et avec la réduction, voire l’élimination, des salles de nouvelles et des départements de sports partout en Amérique du Nord, les médias sociaux comme Instagram et TikTok sont devenus une bouée de sauvetage qui permet à ces athlètes de communiquer avec un auditoire.

Pendant ce temps la skieuse paranordique canadienne Natalie Wilkie utilise les médias sociaux pour communiquer la joie que lui procure le sport d’élite sur une base quotidienne.

L’histoire de Wilkie est également unique. En 2016, alors âgée de 15 ans, elle perd quatre doigts à la main gauche dans un accident survenu au cours d’un atelier scolaire, qui a changé sa vie. Skieuse de fond accomplie avant cet accident, elle a été triple médaillée des Jeux paralympiques d’hiver de 2018 à l’âge de 17 ans. Elle était la plus jeune athlète de l’équipe canadienne.

Elle a ajouté quatre médailles à son palmarès en 2022 et se présentera aux Jeux de Milan Cortina en tant que championne en titre et détentrice du globe de cristal de la Coupe du monde de parabiathlon féminin, catégorie debout, un sport dans lequel elle s’est spécialisée en tant que para-athlète.

« Si les gens peuvent s’identifier à nous, se sentir plus à l’aise ou simplement nous suivre, c’est une victoire », affirme Wilkie, originaire de Salmon Arm, en Colombie-Britannique.

Wilkie reconnaît qu’elle est une créatrice de contenu très active sur les réseaux sociaux.

« Je prends probablement plus de photos et j’enregistre plus de vidéos que tous mes coéquipiers », avoue-t-elle. « Je pense qu’il est important de présenter le contenu du point de vue de l’athlète. Parfois, c’est la seule façon pour les gens de savoir ce qui se passe. »

Pour éviter que les médias sociaux ne deviennent une source de distraction, Wilkie planifie son contenu, le limitant à de brefs moments plutôt qu’à des interruptions prolongées.

« En général, je sais ce que je veux », dit-elle. « Je vais m’arrêter deux minutes, prendre rapidement une photo et c’est tout. »

Pour le coéquipier de Wilkie en ski paranordique, Mark Arendz, la scène des médias sociaux est beaucoup plus une responsabilité sociale qu’il prend très au sérieux. Celui qui détient 12 médailles des Jeux paralympiques d’hiver a la réputation de publier des résumés détaillés de ses courses et ses réflexions peu après chaque compétition, ainsi que des mises à jour sur lesquels les médias et les partisans peuvent compter.

« C’est beaucoup de travail », dit-il. « De nos jours, cela fait partie de la vie d’un athlète de haut niveau. Ce n’est pas ce que je préfère, car j’aurais mieux aimé profiter tout simplement du moment. »

Arendz explique qu’il a développé un système, à savoir qu’il organise son matériel afin de pouvoir partager l’information rapidement. Il pense que la visibilité est importante, particulièrement pour les para-athlètes.

« J’ai en quelque sorte trouvé ma niche maintenant », déclare-t-il. « C’est une bonne chose de faire rapidement le bilan d’un événement comme je le fais, puis de le publier. C’est une excellente occasion de partager mon message. »

Comme Arendz, Wilkie et Gosselin, de plus en plus de para-athlètes dans le monde entier maîtrisent l’art des médias sociaux et font découvrir leur parcours à leurs fans, une publication à la fois.

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