À mi-chemin vers LA28 – Partie 2 : L’émergence des talents canadiens du parasport en 2026
Des prodiges adolescents aux talents tardifs, les Canadiens se démarquent dans les sports individuels
Des prodiges adolescents aux talents tardifs, les Canadiens se démarquent dans les sports individuels
OTTAWA – Aux championnats canadiens de paratennis de table qui se sont tenus à Brampton, en Ontario, la semaine dernière, la médaille d’or de la division debout a été remportée par un athlète de 15 ans, quatrième tête de série du tournoi.
Jacob Boulay (Longueuil, Québec) fait partie d’un nombre grandissant de para-athlètes canadiens qui brillent sur la scène nationale et sur la scène internationale depuis les Jeux paralympiques de Paris 2024.
Si Boulay vise probablement Brisbane 2032, d’autres athlètes canadiens émergents ont livré des performances qui suggèrent qu’un début paralympique à LA28 serait envisageable.
Il ne s’agit pas seulement des adolescents, mais aussi des athlètes qui émergent tardivement, comme l’ancien militaire Daniel Comeau. Ces athlètes ne se contentent pas de réaliser des performances étonnantes, mais ils écrivent également des histoires captivantes, grâce à leur parcours atypique dans le sport de haut niveau.
La route vers LA28 pourrait passer par une étape cruciale, les Jeux parapanaméricains de 2027 à Lima. Les athlètes pourraient y acquérir une inestimable expérience internationale et décrocher des places de quota pour les Paralympiques de 2028.
Le mois dernier, nous avons présenté cinq athlètes canadiens des sports d’équipe dans leur parcours vers LA28. Cette semaine, voici cinq para-athlètes canadiens, parmi tant d’autres, qui espèrent faire leurs débuts aux Jeux paralympiques dans les sports individuels en 2028.
Chloe Dunbar (Windsor, N.-É.), para-athlétisme
À 17 ans, Chloe Dunbar fait partie d’un dynamique duo canadien, dont les membres terminent souvent au premier et au deuxième rang des épreuves féminines de 100 m et 200 sprint T47 en compétition internationale.
Au mois de juin, lors des championnats nationaux, Dunbar a vaincu la paralympienne Sheriauna Haase, elle-même âgée seulement de 19 ans, au 100 m et amassé l’or aux deux épreuves de sprint en inscrivant ses meilleurs temps personnels. Un mois plus tard, aux Jeux du Commonwealth, Haase a renversé la situation en établissant un record national, alors que les Canadiennes ont terminé respectivement première et deuxième.
« Cela rend l’expérience tellement meilleure et tellement spéciale », affirme Dunbar à propos de la participation de Haase dans la même épreuve. « J’avais l’habitude de courir avec ma prothèse parce que j’avais peur de ce que les gens pourraient penser de mon apparence. »
« Puis, j’ai vu Sheriauna courir sans son bras et s’assumer pleinement. C’est ce qui m’a permis de devenir la personne que je suis aujourd’hui. »
Maarten Duif (Carleton Place, Ont.), paracyclisme
En paracyclisme, Maarten Duif est la révélation canadienne de cette période de quatre ans précédant les Jeux de LA28. Le mois dernier, le spécialiste du vélo à main a remporté sa première médaille au championnat du monde, une médaille d’argent au 55,2 km H1 en course sur route masculine.
C’est ainsi qu’il a conclu une saison qui l’a vu amasser quatre médailles pour le Canada aux deux étapes de la Coupe du monde.
« Je m’étais fixé des objectifs ambitieux, mais ce fut un choc pour moi de décrocher la médaille d’argent (aux mondiaux). Je n’en suis pas encore tout à fait conscient, mais ça viendra », raconte Duif, qui a commencé le vélo à main en 2018.
Daniel Comeau (Shannon, QC), paratir à l’arc
Daniel Comeau, un ancien combattant originaire de Shannon, au Québec, s’est imposé comme l’un des meilleurs para-archers au monde depuis les Jeux de Paris 2024.
L’année dernière, aux championnats du monde, Comeau a uni ses forces à celles du paralympien Kyle Tremblay (Deep River, Ont.) pour remporter une quatrième place remarquable à l’épreuve masculine ouverte double en fauteuil roulant au tir à l’arc à poulies. Il a aussi terminé au 17e rang au classement individuel canadien.
« Ce serait l’aboutissement de tous les efforts, pas juste au tir à l’arc », a indiqué Comeau au quotidien La Presse à propos de ses aspirations paralympiques. « Je le fais pour montrer à mes enfants que tout est possible, de ne jamais lâcher et de toujours foncer. »
Comeau a reçu un diagnostic de SLA en 2014.
Jagdev Gill (Brockville, Ont.), paranatation
Cet été, Jagdev Gill a atteint une étape significative en représentant le Canada aux Jeux du Commonwealth et aux Championnats panpacifiques de paranatation, ce qui lui a permis d’étoffer son CV international.
À 21 ans, l’étudiant en biochimie et en mathématiques de l’Université McGill, qui est atteint de paralysie cérébrale, a remporté la médaille de bronze au 100 m papillon masculin S10 aux Jeux du Commonwealth.
Cette médaille, ainsi que le fait de concourir au sein d’une équipe canadienne intégrée à Glasgow, l’a gonflé à bloc.
« C’est la première fois que je côtoyais la division olympique du programme canadien. C’était un environnement formidable, et cela a renforcé notre esprit d’équipe », ajoute-t-il.
Gill avait également gagné une médaille de bronze aux Jeux parapanaméricains de 2023 à Santiago et atteint les finales à deux championnats du monde.
Joe Philpott (St. John’s, T.-N.-L.), boccia
À 18 ans, Joe Philpott fait tourner les têtes en boccia avec sa précision, sa prise de décision et sa technique distincte au lancer de la balle.
Contrairement à un grand nombre de ses adversaires dans la catégorie BC1, Philpott utilise le pied pour exécuter ses lancers.
« On pourrait penser que ce n’est pas à son avantage, mais en déplaçant le ballon à partir du sol, il peut générer plus de puissance », explique Paul Philpott, le père de Joe. « Cela peut être déterminant, surtout lorsqu’on essaie de provoquer un revirement. »
Un fait marquant de la carrière de Joe Philpott en 2026 a été sa participation à son premier Défi mondial de boccia. Il a décroché la médaille de bronze à l’épreuve individuelle masculine BC1, soit son premier podium sur la scène internationale.
Cet étudiant de l’Université Memorial se distingue également par ses remarquables publications dans les médias sociaux dans lesquelles il offre un aperçu de son parcours sportif unique.