Kéven Breton offre un point de vue unique sur le sport paralympique
« Les athlètes paralympiques ne désirent pas susciter de la compassion, mais du respect. »
MONTRÉAL – Pour Kéven Breton, son rôle de journaliste dans un média grand public, c’est beaucoup plus que nourrir la machine du sport professionnel.
En visitant sa page de profil ou en écoutant les épisodes de son émission sur Ohdio (Radio-Canada), on découvre un riche éventail de récits provenant du monde du sport, y compris le parasport et les Jeux paralympiques.
« Les Jeux paralympiques sont une vitrine », indique Breton. « Ils présentent leurs propres défis et perspectives. Les sports d’hiver viennent ajouter une autre couche, avec les questions liées à l’équipement, aux voyages, à la météo et à l’accessibilité. Il y a tellement de choses qui se passent en dessous de la surface. »
Journaliste à Radio-Canada depuis 2020, Breton est atteint de nanisme diastrophique. Il a été chef d’antenne aux Jeux paralympiques de Paris et commentateur des épreuves de luge, de skeleton et de bobsleigh aux Jeux olympiques d’hiver.
Originaire de Saint-Georges-de-Beauce, Breton a fait des études en communications à Sherbrooke et, au départ, il envisageait une carrière à la radio. Adolescent, dit-il, il n’aurait jamais osé rêver de couvrir un jour des compétitions olympiques ou paralympiques.
« Jamais je n’ai pensé que c’était quelque chose que je serais amené à faire », avoue-t-il. « Alors, chaque fois que je le fais, j’ai conscience de la chance que j’ai. »
À l’approche des Jeux paralympiques d’hiver de 2026, Breton se prépare pour une autre scène sportive internationale, d’où s’écriront des histoires réelles qui transcendent les médailles.
Pour Breton, la couverture des Paralympiques n’a jamais été uniquement une question de décompte de podiums. Elle porte avant tout sur la performance sous pression et sur les athlètes qui s’entraînent avec acharnement.
Son cheminement vers la couverture du parasport s’est fait naturellement, grâce à son amour infini pour le sport et à son expérience personnelle en tant que personne en situation de handicap.
Cette combinaison, dit-il, a fait naître chez lui de la sensibilité et de la curiosité, surtout à l’égard des disciplines et des athlètes qui bénéficient de très peu de visibilité en dehors des grands Jeux.
« J’aime couvrir ce que les gens ne voient pas d’habitude », explique-t-il. « Le parasport satisfait cet instinct. »
Breton a couvert des ligues professionnelles et des événements internationaux. Mais, selon lui, le contraste est frappant lorsqu’il s’agit des athlètes paralympiques, et particulièrement dans les sports d’hiver, où les exigences en matière d’entraînement sont élevées et les écarts de financement, courants.
« De nombreux paralympiens sont essentiellement des amateurs », dit-il. « Ils n’ont pas tous accès à des physios, des thérapeutes ou des équipes de soutien complètes pendant toute l’année. Toutefois, leur niveau d’engagement est incroyable. C’est quelque chose qui reste avec nous. »
Il souligne que les athlètes paralympiques ne désirent pas susciter de la compassion, mais du respect. Et ils souhaitent que les journalistes qui les abordent s’intéressent sincèrement à leur sport.
« Ils veulent qu’on les interroge sur leur performance, leur préparation, leurs tactiques », ajoute-t-il. « Pas seulement sur leur handicap. Si vous êtes honnêtes et curieux, c’est ce qui compte. »
Alors que les regards se tournent vers les Jeux d’hiver de 2026, Breton pense que la couverture médiatique peut encore s’améliorer, surtout en dehors des la période des Jeux paralympiques.
Il aimerait voir les parasports bénéficier d’une plus grande visibilité pendant toute l’année, ce qui réduirait la nécessité d’expliquer encore et encore les classifications et permettrait au public de s’intéresser davantage à la compétition.
« Plus les sports sont familiers, plus la couverture est meilleure », indique-t-il. « C’est vrai aussi bien pour le sport paralympique que pour le sport olympique. »
Breton apportera de nouveau sa contribution à la couverture des Jeux depuis Montréal et partagera ses fonctions avec des journalistes sur place, en Italie. Même s’il aurait aimé couvrir les événements en personne, une couverture efficace demeure la priorité pour lui.
« Mon rôle est de m’assurer que les histoires sont racontées correctement », explique-t-il. « Et qu’elles touchent les gens. »
Aux journalistes aspirants qui sont en situation de handicap, Breton conseille de rester curieux, d’acquérir de l’expérience pratique très tôt et de ne pas se définir par un seul rôle.
« Il faut tout essayer », dit-il. « Trouvez ce qui vous convient. N’ayez pas peur de bouger tant que vous ne l’avez pas trouvé. »
Alors que le compte à rebours vers les Jeux de 2026 se poursuit, Breton dit que sa mission demeure inchangée : raconter des histoires qui traduisent l’importances des Jeux paralympiques, que ce soit sur la glace ou dans les montagnes.
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