Des athlètes canadiens qui s’apprêtent à participer à leurs premiers Jeux paralympiques reviennent sur leur parcours

Louis Daignault
12 février, 2026

« Vos rêves ne sont jamais trop grands »

Trois images côte à côte d’athlètes paralympiques canadiens. À gauche, un joueur de para hockey sur glace portant un chandail blanc du Canada et un casque regarde vers le haut sur la glace. Au centre, deux skieuses de para ski nordique sourient en prenant un égoportrait sur une piste enneigée en forêt. À droite, un curleur en fauteuil roulant vêtu d’une veste rouge du Canada lance une pierre en compétition.

OTTAWA — Il y a six ans, Emma Archibald, alors âgée de 16 ans, venait de participer à un événement Paralympiens recherchés organisé par le Comité paralympique canadien à Halifax lorsqu’elle s’est présentée sur la neige à Canmore, en Alberta, pour essayer un sport qui lui était complètement inconnu.

Persuadés qu’Archibald avait les qualités athlétiques nécessaires pour s’adapter au ski de fond, les entraîneurs de Nordiq Canada, qui étaient présents à l’événement Paralympiens recherchés, l’ont invitée à un camp de développement.

Originaire de Fall River, en Nouvelle-Écosse, Archibald est née avec un syndrome des brides amniotiques, ce qui fait qu’il lui manque plusieurs doigts aux mains et plusieurs orteils au pied droit. Elle a fini par maîtriser ce sport dans la catégorie féminine debout, sans bâtons.

« À cette époque, je ne savais pas vraiment en quoi consistait ce sport », a avoué Archibald au CPC en novembre dernier. « Mais j’ai tout de suite été accro. »

Quelques semaines plus tard, l’étudiante de 22 ans en soins infirmiers à l’Université d’Ottawa a été nommée à l’équipe canadienne de ski paranordique pour les Jeux paralympiques d’hiver de 2026, qui auront lieu du 6 au 15 mars, en Italie.

Les moments forts d’une carrière, comme une nomination en vue de concourir à de grands Jeux, ne doivent pas seulement donner lieu à des célébrations, car c’est aussi une occasion de penser aux personnes qui ont contribué à vous guider sur la voie du succès.

 « Je n’aurais jamais commencé, ou continué, la pratique de ce sport, sans la formidable communauté du ski de fond de la Nouvelle-Écosse », a déclaré Archibald au quotidien The Laker Newsaprès sa nomination. « Ce n’était pas facile de commencer un peu plus tard que la plupart d’entre eux, mais leur passion pour le ski et leur joie étaient tellement contagieuses. »

« Vos rêves ne sont jamais trop grands », ajouta-t-elle. « Soyez braves, travaillez fort, amusez-vous et profitez de chaque instant du processus. »

L’ascension de Shawn Burnett dans le parahockey sur glace a été tout simplement impressionnante. Originaire de McMasterville au Québec, il avait 18 ans lorsqu’il s’est blessé en 2021 lors d’un grave accident en parachute, qui lui a causé une fracture au dos et une blessure de la moelle épinière, qui l’a laissé paralysé à partir de la taille.

Burnett, également âgé de 22 ans, a représenté le Canada aux deux derniers championnats du monde de parahockey sur glace, y compris au sein de l’équipe médaillée d’or en 2024.

« C’est très spécial d’être nommé dans l’équipe paralympique », a indiqué Burnett au Journal de Montréal. « C’était très rassurant de recevoir cet appel. C’est comme si on m’avait enlevé un poids sur les épaules. Depuis mon accident, mon rêve, c’est de concourir aux Jeux. »

Au vu de ses progrès, sa nomination semblait acquise, mais l’été dernier, Burnett a subi une opération au dos qui l’a tenu éloigné de la glace pendant un mois. Cela a contribué à l’incertitude.

« Je pleurais à l’hôpital ; j’ai cru que je devais dire adieu à mon rêve paralympique. C’est grâce à ma famille que j’ai pu traverser tout cela. »

Brooke Ailey, de Thunder Bay, en Ontario, participera aux Jeux en qualité de guide de la skieuse paranordique Madison Mullin, qui concourt dans les épreuves féminines de ski de fond dans la catégorie déficience visuelle.

« C’est un immense honneur, non seulement de représenter le Canada, mais aussi de faire en sorte que Madison bénéficie de la visibilité et du soutien qu’elle mérite », a indiqué Ailey au site Web des Lakers de l’Université de Nipissing. « Lorsque les gens voient ce partenariat, ils se rendent compte que le sport peut prendre différentes formes tout en conservant sa puissance. »  

Il s’agit de la deuxième participation à de grands Jeux pour Ailey. L’année dernière, elle avait concouru aux Jeux mondiaux universitaires en ski de fond.

Mullin, qui vient de Fergus en Ontario, la même ville que la légende du basketball en fauteuil roulant Patrick Anderson, a grandi au sein d’une famille de skieurs alpins, et elle a découvert le parasport et le ski de fond, alors qu’elle était encore très jeune.

 « J’ai intégré l’équipe espoir l’année dernière et l’équipe nationale de développement cette année », a indiqué Mullin au Wellington Advertiser. « J’ai été ravie d’apprendre que je faisais partie de l’équipe qui se rendrait aux Jeux paralympiques. »

Toute la ville de Kipling en Saskatchewan a célébré la nomination de Gilbert Dash à l’équipe des Jeux paralympiques, le conseil municipal ayant adopté une motion lors de sa réunion, il y a trois semaines, visant à rendre hommage au joueur de curling en fauteuil roulant au moyen d’un panneau à l’entrée de la ville.

« Le conseil municipal de Kipling avait reçu une lettre qui suggérait à la Ville d’honorer les accomplissements de Dash sur l’un de ses panneaux d’affichage situés sur le corridor routier en périphérie de la ville où d’autres personnalités notables de Kipling sont mises à l’honneur », a écrit le site  SportsCage.com, basé en Saskatchewan. « La Ville est favorable à cette idée et installera donc un panneau d’affichage en l’honneur de Dash. »

Dans une entrevue accordée à CBC Radio après sa nomination, Dash a fait part de son ressenti à l’idée de participer à ses premiers Jeux à l’âge de 57 ans.

« Je l’ai appris lors d’un appel Zoom, et ça a fait du bien », a confié Dash, qui jouait au curling avant son accident en 2006 et qui a continué à jouer après. « C’est un rêve devenu réalité, le résultat d’années de travail acharné et de dévouement, de ma part, de mes entraîneurs et de ma famille. »

« C’est quelque chose que je souhaitais réaliser depuis longtemps. »

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