Les skieurs para-alpins du Canada ont dû faire face à des difficultés en raison de blessures au cours de leur préparation en vue des Jeux paralympiques

Louis Daignault
09 décembre, 2025

Trois étapes de la Coupe du monde se déroulent en Europe ce mois-ci ; le coup d’envoi de la saison sera donné mercredi

Michaela Gosselin , Beijing, 2022 – Alpine Skiing//Ski alpin Michaela Gosselin competes in the slalom at the Yanqing National Alpine Skiing Centre. Michaela Gosselin participe au slalom géant au Centre national de ski alpin de Yanqing. 12.04.2022

CALGARY — Dans le sport du ski alpin, les blessures font partie de la vie. Ce n’est un secret pour personne, ces athlètes intrépides sont considérés comme les plus courageux au monde.

Dans la catégorie déficience visuelle, les concurrents suivent leur incroyable guide, qui ne doit pas flancher à des vitesses de pointe. Dans les épreuves debout, les concurrents dévalent des pentes épiques dans des endroits comme les Alpes européennes, avec des prothèses de jambe ou à l’aide d’un seul bâton, alors que les skieurs assis, attachés à une luge moulée, négocient des virages comme des coureurs de Formule 1, sauf qu’ils sont sur la glace et la neige.

Cette semaine s’amorce la saison de la Coupe du monde de ski para-alpin à Steinach, en Autriche, la première des trois étapes du circuit en décembre. Ces événements seront un test très important pour les membres de l’équipe canadienne, dont certains des meilleurs athlètes ont dû surmonter des blessures depuis les derniers Jeux paralympiques d’hiver en 2022.

La première étape commence ce mercredi et se poursuivra jusqu’à vendredi avec deux épreuves de super-G et une épreuve combinée. La deuxième étape, une double descente, se déroulera du 15 au 17 décembre à Santa Caterina, en Italie. Il y aura ensuite un double slalom géant et un slalom, du 19 au 21 décembre à Saint-Moritz, en Suisse.

Parmi les athlètes qui seront de retour sur les pentes, il y a la double paralympienne Mollie Jepsen, de Vancouver. Sextuple médaillée paralympique, elle a dû composer avec des blessures entre sa première et sa deuxième participation aux Jeux et à partir de 2022.

Après sa performance aux Jeux de Beijing, où elle a récolté deux médailles, des opérations au genou l’ont empêchée de concourir durant les trois saisons suivantes. Jepsen devait revenir à la compétition plus tôt en 2024-2025, mais au mois d’octobre, elle s’est cassé le coude et le poignet. C’étaient ses premières fractures.

Elle a fait un retour triomphal sur les pentes en mars dernier, remportant la médaille de bronze au slalom géant féminin debout en finale de la Coupe du monde à Veysonnaz, en Suisse. Elle espère maintenant rester en bonne santé jusqu’aux Jeux de Milan Cortina en mars.

« Je suis heureuse de ne plus souffrir de blessures et de ne plus ressentir de douleurs », a déclaré Jepsen lors d’une entrevue avec le CPC dans les bureaux de Canada Alpin, le mois dernier. « J’ai dû composer avec des blessures pendant tellement longtemps. C’était formidable de prendre part à ces courses au printemps, et j’ai été très heureuse de pouvoir skier et monter à nouveau sur le podium.

« Tous les voyants sont au vert et je me donne à fond. »

Michaela Gosselin, de Collingwood, en Ontario, paralympienne des Jeux de 2022 et étoile montante de l’épreuve féminine debout, s’est blessée au genou après les Jeux de Beijing et ce n’est que la saison dernière qu’elle est revenue à la compétition. Elle a inscrit de solides résultats, avec une récolte de huit médailles, dont deux d’or en descente lors d’une étape en Italie.  

« J’ai passé tout un mois au Chili cet été, dont 25 jours sur la neige dans des conditions idéales, et c’est quelque chose d’inédit pour la présaison », a indiqué Gosselin, dont le père Brian était membre de l’équipe nationale à l’époque des Crazy Canucks. « J’ai retrouvé mes forces et je suis satisfaite de mon niveau de ski, et pour une fois, je suis en bonne santé. »

« C’était un réel soulagement de passer un été sans devoir suivre un programme de rééducation, et j’en ai profité pour me focaliser sur le renforcement de mes habiletés au lieu d’essayer de guérir. »

Le vétéran Kurt Oatway, de Calgary, champion de l’épreuve masculine de descente en ski assis des Jeux de 2018, a subi une blessure à l’épaule après une chute aux Championnats du monde de 2022, quelques semaines à peine avant les Jeux de Beijing. Il a été dans l’impossibilité de concourir à ce qui aurait été ses deuxièmes Jeux paralympiques.

Il n’a jamais eu le moindre doute sur le fait qu’il pourrait retrouver sa forme optimale. Quel retour ce fut ! Oatway est redevenu une force avec laquelle il faut compter dans les épreuves de ski assis, particulièrement en descente et en super-G.

Le skieur de 41 ans a connu une de ses meilleures saisons en carrière en 2024-2025 avec neuf médailles en Coupe du monde, y compris trois victoires.

« J’essaie de me rappeler les succès passés, d’oublier les échecs et d’avancer », déclare Oatway, qui est également le représentant des athlètes au conseil d’administration de Canada Alpin. « J’ai déjà subi des blessures, mais celle de 2022 m’a donné du fil à retordre. Il a fallu beaucoup de physiothérapie, de rééducation et de la constance dans le gymnase. »

Et il ajoute à l’intention des athlètes des sports à risque (c’est peut-être l’une des plus belles citations) : « Si, à la fin de la journée, vous avez mal, cela signifie que vous êtes toujours en vie. »

Outre Jepsen, Gosselin et Oatway, le Canada peut déployer encore plus de puissance sur les pentes.

Co-capitaine de l’Équipe paralympique canadienne, Alexis Guimond, de Gatineau, au Québec, est un double paralympien. Au cours des huit dernières années, l’athlète de 26 ans est régulièrement monté sur le podium en Coupe du monde, en championnats du monde et aux Jeux paralympiques. En 2024-2025, Guimond a ajouté trois médailles de bronze et quatre d’argent à son palmarès. 

Les étoiles montantes sont Kalle Eriksson, de Kimberley, en Colombie-Britannique, et sa guide Sierra Smith, d’Ottawa dans la catégorie déficience visuelle. La saison dernière, elles ont terminé troisièmes au classement général du slalom géant, avec deux victoires et plusieurs podiums. Elles ont également gagné deux médailles aux championnats du monde en mars.

Jepsen, Guimond et Gosselin sont prévus pour participer à l’épreuve d’ouverture de la saison, puis d’autres Canadiens devraient les rejoindre lors des Coupes du monde suivantes.

Il y a cinq autres étapes sur le circuit para-alpin avant les Jeux : du 12 au 17 janvier, à Saalbach, en Autriche ; les 22 et 23 janvier, à Feldberg, en Allemagne ; du 26 au 30 janvier, à Méribel, en France ; du 2 au 6 février, à Tignes, en France ; ainsi que les 9 et 10 février, à Veysonnaz, en Suisse.

Aux Jeux paralympiques d’hiver de Milan Cortina 2026, les épreuves de ski para-alpin seront disputées au Centre de ski alpin de Tofane à Cortina d’Ampezzo, situé dans les magnifiques montagnes Dolomites.

Selon le calendrier actuel, les épreuves de descente donneront le coup d’envoi de la compétition, le 7 mars, suivies du super-G, le 9 mars, du combiné alpin, le 10 mars, du slalom géant, le 12 mars (femmes) et le 13 mars (hommes) ; et du slalom, le 14 mars (femmes) et le 15 mars (hommes).

INFOLETTRE COMMUNAUTÉ CAN
Je m’abonne
COMMUNAUTÉ CAN
INFOLETTRE
Recevez les dernières nouvelles, des récits d’athlètes et un accès en coulisses par courriel.

« * » indique les champs nécessaires