Le parahockey sur glace féminin est à la recherche d’un hôte pour les Championnats du monde de 2026

Louis Daignault
13 avril, 2026

Le tournoi représente une étape importante vers l’inclusion dans le programme des Jeux paralympiques d’hiver de 2030

OTTAWA — L’entraîneure-chef Tara Chisholm et plusieurs de ses joueuses sont d’accord : il semble tout à fait naturel que le Canada, pionnier dans bien des domaines, accueille les championnats du monde de parahockey sur glace féminin cette année.

Le parahockey féminin a réalisé des progrès significatifs l’année dernière avec la tenue de son premier championnat du monde en Slovaquie, avec la participation de cinq pays : le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Grande-Bretagne et l’Australie. Toutefois, en vue de l’ajout de ce sport au programme des Jeux paralympiques, il faut la participation de six à huit pays de trois régions différentes, ainsi que la tenue de deux championnats du monde.

Si l’exigence des trois régions semble déjà remplie (les Amériques, l’Europe et l’Océanie), l’Inde a indiqué qu’elle présenterait une équipe aux prochains mondiaux. Il manque donc un élément important : un pays hôte pour accueillir les deuxièmes championnats du monde. C’est à ce niveau que la Mecque du hockey, le Canada, peut jouer un rôle.

« Ce serait énorme pour le sport dans ce pays », a déclaré l’entraîneure-chef de l’équipe nationale canadienne, Tara Chisholm, dans une entrevue accordée au CPC durant la semaine d’entraînement de l’équipe à Ottawa, à l’occasion de la première série Frontier avec les États-Unis. « Le Canada a démontré encore et encore qu’il pouvait organiser des événements de calibre mondial, et nos fans comprennent le hockey.

« C’est un aspect important. »

Pour les joueuses canadiennes, cette idée va au-delà de l’avantage de la glace. D’après l’attaquante Raphaëlle Tousignant, l’accueil des mondiaux au Canada pourrait représenter un tournant pour le sport.

« Ici, le hockey fait partie de notre identité », dit-elle. « S’il y a un pays qui peut remplir un aréna, insuffler de l’énergie et faire de cet événement un véritable championnat du monde, c’est bien le Canada. »

Alyssa White, membre de l’équipe nationale depuis l’âge de 14 ans, dit que porter l’unifolié devant les fans canadiens aux mondiaux serait spécial.

« On rêve de ces moments », déclare la Winnipégoise de 21 ans. « La présence de la famille, des amis et des jeunes athlètes dans les estrades ferait de ces mondiaux une expérience inoubliable. »

Le parahockey sur glace féminin et son combat pour l’inclusion ont été largement couverts dans les médias du monde entier au cours des récents Jeux paralympiques d’hiver à Milan Cortina. Au Canada, les plateformes du réseau CBC ont présenté des reportages et des discussions à ce sujet, qui a également été couvert par le quotidien The Globe and Mail et par Radio-Canada.

Sur la scène internationale, des organes de presse comme l’Associated Press et USA Today ont également abordé ce sujet. L’absence d’un tournoi féminin n’est pas passée inaperçue, et cela reflète la popularité croissante des sports féminins dans le monde entier au cours de la dernière décennie.

Le parahockey sur glace est actuellement classé comme un sport d’équipe mixte sur la scène internationale. Toutefois, seule une joueuse féminine a pris part au tournoi de cette année à Milan Cortina ; il s’agit de la Japonaise Akari Fukunishi.

Le mois dernier, Michelle Laflamme, gestionnaire principale de World Para Ice Hockey, a déclaré au quotidien USA Today qu’elle avait constaté des signes de croissance, mais elle a reconnu qu’il était encore tôt.

« Les bases sont là », a-t-elle dit, « mais elles restent très fragiles. Nous avons besoin que des gens du monde entier manifestent leur intérêt, se portent volontaires et s’engagent pour que nous puissions y parvenir. »

Cinq nations ont déjà confirmé leur participation aux prochains championnats du monde, et Laflamme a indiqué à USA Today que WPIH avait eu des discussions avec l’Inde, qui souhaite prendre part à l’événement s’il se déroule en 2026.

D’autres programmes sont en train d’émerger au Kazakhstan et au Mexique, tandis que des pays comme la Chine et la Corée du Sud ont déjà des joueuses impliquées.

Dans une entrevue accordée au réseau CBC, le président du Comité international paralympique Andrew Parsons a indiqué que tout était mis en œuvre pour l’ajout de la version féminine du sport au programme des Jeux.

« Nous envoyons un message très clair aux différents comités et fédérations paralympiques : si ce n’est pas en 2030, ce sera probablement en 2034 », dit-il. « Nous travaillons très fort sur la version féminine du sport. C’est quelque chose que nous voulons vraiment voir aux Jeux à l’avenir.  

« Nous devrons prendre la décision dans un peu plus d’un an. Alors, durant cette période, nous surveillerons de près les progrès », ajoute-t-il.

Christina Picton, capitaine de l’équipe canadienne et qui compte deux participations aux Jeux paralympiques en ski paranordique, y compris le mois dernier, croit que le fait d’organiser des mondiaux aiderait à accroître la participation.

« Beaucoup de filles et de femmes ne savent toujours pas que ce sport s’adresse à elles », dit-elle. « Si les mondiaux ont lieu au Canada, elles pourront le constater par elles-mêmes, ressentir la vitesse et l’aspect physique et peut-être s’imaginer sur la patinoire un jour. »

« Le hockey est un élément tellement important de notre identité au Canada, et le soutien du parasport ne cesse de croître. Il semble tout à fait naturel d’accueillir les mondiaux ici et de montrer à tout un chacun ce qu’est devenu ce sport. »

Les États-Unis balaient le Canada dans la série Frontier

Les États-Unis ont défait le Canada par 2-1 en prolongation, par 5-4 et par 7-1 lors de la première édition de la série Frontier entre les deux nations, qui s’est déroulée de vendredi à dimanche à Ottawa.

Les joueuses du Canada étaient Christina Picton, Alyssa White et Raphaelle Tousignant.

« Je n’arrive pas à me rappeler la dernière fois où nous avons marqué quatre buts dans un match contre les États-Unis », a indiqué Tousignant après le deuxième match. « C’est une merveilleuse sensation et c’est motivant de voir les progrès que nous avons réalisés. Nous n’étions pas satisfaites de la façon dont les choses s’étaient terminées au mois d’août et nous sommes rentrées à la maison, plus affamées que jamais. »

Les États-Unis avaient défait le Canada en finale, l’année dernière en Slovaquie.

Comme les trois principales équipes de hockey d’Ottawa (les Sénateurs, le Charge et les 67) discutaient des matchs cruciaux au cours de la fin de semaine, les joueuses de parahockey sur glace étaient heureuses de voir le public au rendez-vous pour leurs matchs.

« C’était formidable de voir autant de fans venus nous encourager, chanter à tue-tête et tout le reste », d’ajouter Whyte. « J’étais très fière de la façon dont notre équipe a fait face à l’adversité. Nous avons su miser sur notre rapidité et nous n’avons jamais baissé les bras lorsque nous tirions vers l’arrière, et cela a été déterminant pour nous. »

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