Les premiers championnats nationaux féminins de rugby en fauteuil roulant, une étape importante emplie d’émotion pour les athlètes vétéranes

Louis Daignault
29 avril, 2026

« La croissance s’est poursuivie et a donné lieu à un mouvement »

MONTRÉAL — La paralympienne Brianna Hennessy ne pouvait en croire ses yeux.

Elle se trouvait dans un gymnase de Montréal avec plus de 20 athlètes en vue de participer aux tout premiers championnats canadiens de rugby en fauteuil roulant. Elle a essayé d’expliquer ce que cela signifiait, mais s’est arrêtée au beau milieu de sa réponse.

« Je suis simplement fière de tout le monde », dit-elle. « Le simple fait d’être là et de se soutenir mutuellement montre le lien qui nous unit. »

Hennessy est mieux connue comme étant l’une des meilleures athlètes du Canada en paracanoé. Elle a remporté une médaille d’argent en kayak féminin aux Jeux paralympiques de 2024 à Paris et elle a conservé sa place parmi les meilleures au monde depuis qu’elle a commencé à pagayer durant la pandémie.

Cependant, le rugby en fauteuil roulant a été son premier sport à titre de para-athlète.  En convalescence dans un hôpital de réadaptation à Ottawa à la suite d’un accident, elle regardait jouer les Stingers d’Ottawa.

« Ils étaient dans ces fauteuils qui ressemblaient à des auto-tamponneuses, se heurtaient les uns contre les autres et passaient de beaux moments », se rappelle-t-elle. « Je savais qu’il fallait absolument que j’essaye. »

Les nationaux de rugby en fauteuil roulant, qui se déroulent dans le cadre du Défi sportif AlterGo, le plus grand événement multisport au Canada pour les athlètes ayant un handicap, marquent une étape significative pour la version féminine du sport.

Comme le parahockey sur glace, le rugby en fauteuil roulant est considéré comme un sport mixte aux Jeux paralympiques, mais les femmes ne sont pas nombreuses au sein des équipes participantes.

Il existe maintenant un environnement de compétition dédié au développement continu des joueuses de ce sport. Il devrait poursuivre sur son élan en décembre, lorsque les premiers championnats du monde féminins de rugby en fauteuil roulant se dérouleront à Paris.

« C’est un espace sûr », affirme Hennessy. « On peut jouer, apprendre et grandir ensemble. »

Mélanie Labelle, membre de l’équipe canadienne médaillée d’argent aux Jeux parapanaméricains de 2019, reste une leader incontestée du pendant féminin de ce sport. Elle dit que les nationaux s’inscrivent dans la continuité de la croissance rapide qu’a connue le sport au cours de la dernière année.

« Cela ne s’est pas arrêté, la croissance s’est poursuivie et a donné lieu à un mouvement », dit-elle. « Voir la compétitivité et le potentiel de notre sport, c’est le meilleur cadeau. »

Labelle souligne également que les progrès n’auraient pas été possibles sans les personnes qui travaillent en coulisse.

« C’est un programme dirigé par des bénévoles », explique-t-elle. « Sans eux, nous ne serions pas ici. Sans bénévoles, il n’y aurait ni programmes ni opportunités. Et ces efforts proviennent de tout le pays, qu’il s’agisse de l’organisation d’événements ou de camps d’entraînement. »

Elle mentionne également l’importance de la visibilité, notamment l’impact qu’un championnat national peut avoir sur les plus jeunes athlètes.

« Si en nous regardant, il y en a qui se disent “Je peux le faire”, cela en aura valu la peine », ajoute Labelle.

Deux des entraîneurs aux championnats nationaux sont les paralympiens Patrice Dagenais et Anthony Létourneau, membres actuels de l’équipe canadienne.

« Pour le sport féminin, c’est un grand pas en avant », indique Dagenais. « L’engagement des athlètes est très fort et nous voyons les progrès. »

Dagenais espère aider à créer des occasions pour les femmes similaires à ce qu’il a vécu dans le sport.

« Sans le rugby, je ne sais pas ce que je serais devenu », commente-t-il.

Tous conviennent que de nombreux défis attendent le rugby en fauteuil roulant féminin, et ce sont les suspects habituels : le financement et les infrastructures.

Dans leurs entrevues individuelles avec le CPC, Hennessy et Labelle ont toutes les deux essayé de retenir leurs larmes, alors qu’elles revenaient sur le long chemin parcouru par le sport.

« D’ici la fin de semaine, nous serons des joueuses différentes », ajoute-t-elle. « Et c’est vraiment formidable. »

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