L’histoire de la médaillée paralympique canadienne Victoria Nolan bientôt au grand écran
Le biopic consacré à la para-rameuse aborde sa perte de vision et sa résilience
Le biopic consacré à la para-rameuse aborde sa perte de vision et sa résilience
TORONTO – Un nouveau film intitulé « Blindly Victorious », inspiré de la vie de la médaillée paralympique canadienne en aviron Victoria Nolan, vise à faire connaître son histoire, marquée par la perte de vision et la résilience, aux auditoires de partout au pays.
Le projet est né lorsque le réalisateur Giacomo Moncada (The Messiah, Death by Dawn), dont le fils jouait au hockey avec l’enfant de Nolan, a lu l’autobiographie de cette dernière Beyond Vision: The Story of a Blind Rower (au-delà de la vision : l’histoire d’une rameuse aveugle [NDT]) (2014) au début de la pandémie de COVID-19. Il lui a ensuite parlé de la possibilité d’une adaptation éventuelle à l’écran.
« Depuis lors, nous travaillons sur ce projet », a confié Nolan dans une entrevue accordée au CPC, cette semaine. « Il a élaboré le scénario et il m’a clairement fait comprendre que pour lui, il était important que je sois satisfaite de la manière dont la cécité est abordée et du produit final. »
Le film, maintenant en postproduction, se concentre sur une période clé de la vie de Nolan, plutôt que sur une biographie complète. Il commence par le diagnostic de maladie oculaire dégénérative reçue par Nolan à l’âge de 18 ans et suit le cheminement de cette dernière à travers la découverte de l’aviron et son adaptation à la vie avec une perte de vision.
« Il est surtout question de faire face au diagnostic et de trouver son sport », explique Nolan, qui a fait partie de l’équipe qui a remporté la première médaille paralympique du Canada dans le sport du para-aviron, une médaille de bronze, au quatre de pointe mixte. Elle est également titulaire de trois médailles des championnats du monde, y compris une médaille d’or obtenue en 2010.
« Il n’aborde pas tout, mais montre le début de ce cheminement. »
Nolan a salué la performance de l’actrice principale Watson Rose (The Way Home, Fishbowl), car elle a fait ses recherches et elle a apporté une profondeur émotionnelle à des expériences que Nolan elle-même avait souvent vécues en silence.

« Elle a lu le livre, elle me suit dans les médias sociaux et nous avons tout de suite noué des liens », raconte Nolan. « Elle avait même fait de l’aviron à l’université, ce qui est incroyable. Elle comprend réellement mon ressenti et mon vécu. Bien sûr, elle n’a pas connu la cécité ou la maternité, mais elle a joué ce rôle avec beaucoup de naturel. »
Nolan ajoute que Watson était très emballée par le projet.
« L’un de ses objectifs était d’incarner un personnage dans un biopic. Ce film lui a offert la première occasion de le faire, et elle a affirmé qu’elle était très impressionnée de m’incarner. »
Le film met également en vedette Jake Epstein (Degrassi : La Nouvelle Génération) qui joue le rôle du conjoint de Nolan, Eamonn Nolan, et Tony Nappo (Ginny et Georgia) qui incarne l’entraîneur Jim Marino. « Victorious » a été coécritpar Moncada et Tony DiPasquale.
La sortie du film est prévue plus tard cette année, et des projections communautaires devraient avoir lieu partout au Canada.
Si le film reflète les exigences du sport de haut niveau, Nolan révèle que les relations personnelles, y compris le soutien de son mari pendant les périodes difficiles, sont également mises en évidence.
« Notre histoire d’amour, ainsi que le soutien de mon mari pendant les moments difficiles, joue un rôle beaucoup plus central dans le film que dans mon livre », ajoute-t-elle. « C’est ce qui ressort vraiment pour moi. »

En raison de sa perte de vision, Nolan a découvert le film principalement à travers l’audio, en écoutant le premier montage. Elle indique que la production inclura la description sonore et des sous-titres codés pour assurer l’accessibilité.
Certaines scènes étaient particulièrement difficiles à revivre, particulièrement celles qui abordent son diagnostic et qui décrivent la discrimination qu’elle a subie pendant sa carrière sportive.
« Il y a certainement eu des moments difficiles à revivre », admet-elle.
D’après Nolan, le film vise également à déconstruire les idées reçues sur les personnes ayant un handicap, y compris les paralympiens.
« J’ai été l’objet de beaucoup de stéréotypes », raconte-t-elle. « Et même d’idées fausses sur ce que les personnes ayant un handicap peuvent ou ne peuvent pas faire. »
Nolan, qui travaille aujourd’hui pour l’INCA, espère que le film sensibilisera le public à la communauté des personnes aveugles, qu’elle décrit comme étant petite et souvent mécomprise.
« Si nous présentons davantage les personnes aveugles dans les médias grand public, cela permettrait de mieux comprendre la cécité », ajoute Nolan.
Au-delà de la sensibilisation, Nolan espère que le film encouragera les jeunes ayant un handicap à pratiquer un sport.
« Il n’est pas nécessaire que ça soit au niveau de la haute performance », indique-t-elle. « Il y a quelque chose pour tout le monde. »
« Et cela peut changer une vie. »
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