La Canadienne Joanna Wiegers officie pour la première fois aux Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant
La résidente de Calgary est l’une des deux arbitres qui représentent le Canada à ces mondiaux qui ont lieu à domicile
La résidente de Calgary est l’une des deux arbitres qui représentent le Canada à ces mondiaux qui ont lieu à domicile
OTTAWA – Il est clair que l’arbitrage tient une place importante dans la vie de Joanna Wiegers. Et cette semaine, elle fait ses débuts en tant qu’arbitre aux Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant.
À son arrivée dans la zone mixte, la section réservée aux entrevues après les matchs, elle salue courtoisement le journaliste et lui lance : « Vous avez cinq minutes. »
Wiegers ne voulait certainement pas rater son transport pour rentrer à l’hôtel après avoir officié le dernier match à la Place TD, samedi soir.
Toutefois, dès le début de l’entrevue, l’ancienne agente correctionnelle a affiché un grand sourire et a répondu avec enthousiasme aux questions.
Seules quelques gouttes de sueur perlant sur son front laissaient deviner qu’elle venait de parcourir environ six kilomètres en effectuant sans arrêt des allers-retours sur le terrain, le cerveau en ébullition, pendant une quarantaine de minutes.
En effet, Wiegers venait de terminer l’arbitrage du match opposant le Japon à l’Espagne, soit son deuxième match du tournoi. Elle avait fait ses débuts aux mondiaux, jeudi.
« C’est mon premier championnat du monde et le fait qu’il se déroule au Canada représente beaucoup pour moi », déclare Wiegers, qui est née aux Philippines et qui a immigré à Edmonton à l’âge de dix ans. « Les deux derniers matchs m’ont permis d’acquérir une bonne expérience, et c’est formidable de pouvoir observer le travail d’autres arbitres. »
Wiegers et Sébastien Gauthier sont les deux seuls arbitres canadiens parmi les 31 présents à ces championnats, qui doivent officier lors de 94 matchs.
« C’est la crème de la crème », affirme Wiegers, qui a également arbitré des matchs de basketball en fauteuil roulant aux Jeux du Commonwealth, ainsi qu’aux trois dernières saisons de la LECB, la ligue professionnelle canadienne de basketball.
« Nous savons que tout le monde a travaillé fort et mérite d’être ici. Nous nous attendons à une compétition relevée et à une lutte acharnée lors de chaque rencontre. »
Après avoir enseigné l’anglais en Corée du Sud, Wiegers a découvert le milieu de l’arbitrage lorsqu’elle a commencé à jouer dans une ligue récréative pour anciens athlètes universitaires à son retour au pays.
Lors d’un match, elle a échangé quelques mots avec un arbitre, qui lui a suggéré d’essayer l’arbitrage.

« En fait, j’ai commencé avec le basketball en fauteuil roulant avant de passer au basketball traditionnel, ce qui est habituellement l’inverse pour certaines personnes », révèle Wiegers, qui a développé sa passion pour ce sport depuis son plus jeune âge. « Puis, je suis tombée en amour avec cette communauté, ainsi des expériences extraordinaires que j’ai vécues et des voyages que j’ai effectués, et c’est ce qui m’a poussée à continuer. »
Wiegers admet que la présence accrue de femmes arbitres dans les sports professionnels nord-américains est pour elle une grande source de motivation. Il n’est plus rare de voir des femmes en uniforme rayé dans la NBA, la LCF et la NFL. Les femmes font aussi lentement des percées dans le baseball majeur.
« Je veux être une source d’inspiration pour les femmes, pour qu’elles n’hésitent pas à embrasser le rôle d’arbitre et qu’elles croient en leurs capacités sur le terrain », ajoute Wiegers. « Hommes, femmes, ce n’est pas important, tant qu’on possède les connaissances de base, que l’on connaît les règlements et qu’on a la discipline nécessaire pour ce rôle. On peut arbitrer n’importe lequel de ces matchs. »
« Pour arriver à ce niveau, c’est beaucoup de travail en dehors du terrain, pas seulement sur le terrain. Ce sont les choses qu’on fait, notamment la préparation, tant mentale que physique. Il est également important d’analyser les vidéos de matchs et de regarder les autres équipes jouer, particulièrement lorsqu’on n’a pas souvent l’occasion de les voir dans son pays. »
Toutefois, elle ne nourrit pas le rêve d’officier un jour à la NBA, même si elle a reçu son lot de provocations ou de commentaires sur le terrain de jeu.
« Les joueurs et les entraîneurs sont passionnés par ce que font leurs équipes », explique-t-elle. « Parfois, cette passion va jusqu’à l’exagération. Dans tous les sports, qu’il s’agisse de basketball ou de basketball en fauteuil roulant, peu importe le sport, la passion est toujours présente. »
« Ce sont des joueurs et des entraîneurs très compétitifs, et ils travaillent avec ardeur pour pouvoir prendre part à ces compétitions. »
Wiegers a travaillé pendant 20 ans au sein des services correctionnels de l’Alberta et elle étudie aujourd’hui afin d’obtenir une maîtrise en leadership technique et en entraînement de haute performance.
« J’ai fait un peu la transition vers l’entraînement tout en continuant à arbitrer à un niveau élevé », indique-t-elle avec fierté. « Je veux trouver un équilibre entre les deux et peut-être m’en servir comme tremplin pour d’autres opportunités. »
À la fin de l’entrevue, l’enregistreur affiche 6:03. Heureusement que Wiegers a pu attraper son transport et regagner à temps son hôtel pour un repos bien mérité.
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