Les cinquièmes Jeux paralympiques, qui s’appelaient alors Torontolympiade, célèbrent leur 50e anniversaire
Les premiers Jeux à accueillir des personnes ayant une déficience visuelle ou des amputations
Les premiers Jeux à accueillir des personnes ayant une déficience visuelle ou des amputations
OTTAWA – Il y a cinquante ans, les Jeux paralympiques ont fait l’objet d’une transformation majeure, ce qui en a fait l’un des plus grands événements sportifs au monde.
Tout a commencé à la Torontolympiade, qui s’est déroulée du 3 au 11 août 1976 dans la capitale de l’Ontario. L’événement s’appelait officiellement « Torontolympiade, 1976 – Olympiade pour les personnes en situation de handicap ». Il s’agissait des tout premiers Jeux paralympiques organisés dans les Amériques. La Torontolympiade a commencé deux jours après la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de 1976 à Montréal.
À l’époque, les villes ou les pays hôtes des Jeux olympiques n’étaient pas tenus d’organiser de Jeux paralympiques. De nombreux Jeux olympiques et paralympiques se déroulaient dans différentes villes. Ce n’est qu’à partir des Jeux de 1992 que ces deux événements ont commencé à se dérouler systématiquement dans la même ville hôte.

À l’occasion des Jeux olympiques de Montréal, la ville a dû faire face à des retards dans les travaux, à des grèves et à une flambée des coûts au moment de la mise en place des sites olympiques. Les responsables tenaient à ce que l’organisation des Jeux olympiques soit un succès.
À Toronto, on se préparait en même temps pour les Jeux paralympiques. Toronto, qui disposait déjà d’installations sportives accessibles, notamment à l’Université York et ailleurs, a donc pu se charger de l’organisation des Jeux paralympiques.
Les Jeux paralympiques étaient encore considérés comme un événement naissant, mais ceux de Toronto ont attiré une participation record de 41 pays. On comptait 1 271 athlètes (1 000 hommes et 271 femmes). Pour la première fois, le nombre d’athlètes dépassait la barre des 1 000.

Cette édition des Jeux était une première, car on a ajouté des épreuves pour les athlètes ayant une déficience visuelle ou des amputations, en plus de celles pour les athlètes en fauteuil roulant.
Un nombre record de 13 disciplines figuraient au programme : le tir à l’arc, l’athlétisme, la dartchery, le goalball, le boulingrin, le tir, le snooker, la natation, le tennis de table, le volleyball, l’haltérophilie, le basketball en fauteuil roulant et l’escrime en fauteuil roulant. Le tir et le goalball faisaient leur entrée officielle aux Jeux.
Les Jeux se sont déroulés à huit sites différents. La cérémonie d’ouverture a eu lieu à l’hippodrome Woodbine Racetrack devant 24 000 personnes. La cérémonie de clôture et les épreuves d’athlétisme se sont déroulées au stade Centennial Park Stadium. Plus de 5 000 personnes ont assisté à la cérémonie de clôture.
Au Centennial Park Olympium, on pouvait assister aux épreuves de quatre disciplines sportives : la natation, le goalball, le volleyball et le basketball en fauteuil roulant. Plusieurs épreuves se déroulaient à l’aréna Centennial Park Arena, notamment le tennis de table, l’haltérophilie et l’escrime en fauteuil roulant.
Le Canada était représenté par une délégation de 89 membres, la troisième plus importante derrière celle des États-Unis (97 membres) et celle de l’Allemagne de l’Ouest (93 membres).
C’était la troisième fois que le Canada participait aux Jeux paralympiques. Parmi les athlètes qui se sont le plus démarqués à Toronto se trouvait Arnold Boldt, spécialiste du saut en hauteur et première grande vedette canadienne en parasport. Il y a remporté ses deux premières médailles d’or sur les sept qu’il a décrochées aux Jeux paralympiques.
À l’âge de 18 ans, Boldt a remporté l’épreuve du saut en hauteur grâce à un saut de 1,86 m ainsi que celle du saut en longueur.
Jean Pacquette a décroché trois médailles d’or aux épreuves féminines de lancer du disque, de lancer du javelot et de pentathlon.
Dean Mellway, qui a remporté une médaille d’or au snooker, a ensuite fait partie de l’équipe canadienne de parahockey sur glace dans les années 1990.

Ces Jeux ont également marqué les débuts du paranageur Tim McIsaac, qui allait devenir le paralympien le plus décoré du Canada avec 28 médailles à son actif. Aux Jeux de Toronto, il a récolté une médaille d’or, deux d’argent et deux de bronze.
Eugene Reimer a représenté le Canada aux quatre premières éditions des Jeux paralympiques. Il est monté quatre fois sur le podium aux épreuves de lancer et de pentathlon.
C’est à la Torontolympiade qu’on a diffusé à la télévision pour la première fois les Jeux paralympiques. Certaines épreuves ont même été retransmises en direct, ce qui a constitué une étape importante pour le Mouvement paralympique. Un consortium d’entreprises locales de câblodistribution, y compris Rogers, s’est occupé de la couverture médiatique. L’événement a été diffusé sur la chaîne 10 dans tout le sud de l’Ontario, ce qui a permis d’atteindre un public potentiel de 600 000 personnes.
Le Canada a terminé sixième avec ses 77 médailles : 25 d’or, 26 d’argent et 26 de bronze. Les États-Unis ont terminé en première place, suivis par les Pays-Bas et Israël.
Jeux politiques
Pour la première fois, une controverse politique a éclaboussé les Jeux paralympiques. À l’instar de ce qui s’était passé aux Jeux olympiques de Montréal, des protestations internationales ont éclaté en raison de la politique d’apartheid de l’Afrique du Sud et de sa participation aux Jeux.
On a autorisé l’Afrique du Sud à participer aux Jeux de Toronto, mais cette décision s’est révélée coûteuse. Le gouvernement fédéral a retiré la contribution de 500 000 $ qu’il avait accordé aux Jeux. De plus, le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau a refusé d’assister à la cérémonie d’ouverture.
Huit pays ont décidé de se retirer des Jeux pour protester contre la participation de l’Afrique du Sud.
Après l’attentat terroriste perpétré aux Jeux olympiques de Munich en 1972, on a considérablement renforcé les mesures de sécurité pour la Torontolympiade. Le lieu d’hébergement de l’équipe israélienne, sous haute protection, a été tenu secret.
Les athlètes en fauteuil roulant logeaient à l’Université de York, tandis que d’autres ont plutôt séjourné à l’Université de Toronto et à l’Institut national canadien pour les aveugles.
Malgré la controverse, les Jeux de Toronto ont marqué l’histoire de manière significative.
L’organisation des Jeux paralympiques de 1976 a contribué à stimuler les investissements canadiens dans le sport pour les personnes en situation de handicap. Cela a jeté les bases du rôle de premier plan du Canada dans le Mouvement paralympique, notamment avec la création ultérieure du Comité international paralympique sous la direction du Canadien Robert Steadward.
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