Les nouvelles recrues paralympiques du Canada ont pris leur envol à l’occasion de leurs premiers Jeux

Louis Daignault
09 avril, 2026

Les moments « irréels » ne se vivent pas qu’en compétition

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OTTAWA – Pour les nouvelles recrues paralympiques du Canada, les Jeux paralympiques d’hiver qui viennent de s’achever étaient moins une question de résultats que d’expérience : une première étape cruciale en vue de futurs succès sur la scène internationale.

« Je vivais vraiment un moment irréel », a confié Chase Nicklin, athlète de parasnowboard, au journal Alberni Valley News (en anglais) à propos de sa première expérience aux Jeux. « C’était comme si j’y avais tellement pensé et j’y avais tellement mis d’efforts que c’était enfin devenu réalité. »

« Je n’arrivais pas vraiment à y croire. »

Ces propos n’avaient rien d’étonnant de la part de Nicklin. Son parcours jusqu’aux Jeux paralympiques, à l’instar de celui d’autres membres de l’équipe canadienne, témoigne de sa capacité à surmonter les épreuves après des circonstances inattendues et bouleversantes.

En 2021, quand Nicklin n’avait que 16 ans, il a vécu une journée qui a changé sa vie. Pendant qu’il conduisait sa moto tout-terrain, il a perdu le contrôle du véhicule et est entré en collision frontale avec un camion. 

On a transporté Nicklin par hélicoptère à l’hôpital, où il est resté dans le coma pendant 10 jours. L’accident lui a causé plusieurs fractures et a entraîné une infection à la jambe gauche, qui a nécessité un mois plus tard une amputation au-dessus du genou.

Après une longue période de réadaptation, il a renoué avec un sport qui lui était familier et, dès la saison 2023-2024, il a fait ses débuts internationaux en parasnowboard et s’est joint pour la première fois à l’équipe paralympique.

Se rendre aux Jeux d’Italie était synonyme de mission accomplie pour Nicklin. Désormais, comme beaucoup d’athlètes qui en étaient à leur première participation, ce résident de Port Alberni (Colombie-Britannique) se concentre sur la suite.

« Quand je pense à ce qui m’attend dans quatre ans, j’imagine retourner aux Jeux, mais avec beaucoup plus d’expérience en matière de compétition », a-t-il affirmé.

Tout comme Nicklin, d’autres recrues paralympiques ont pleinement savouré l’expérience, sans se détourner de leurs objectifs futurs.

Maddie Mullin, skieuse paranordique ayant une déficience visuelle, de Fergus (Ontario), est une autre athlète prometteuse qui a non seulement renforcé sa confiance en elle aux Jeux d’Italie, mais qui a aussi nourri son ambition pour son sport.

« C’était une expérience formidable à vivre avec le public et les autres athlètes », a raconté Mullin au Wellington Advertiser (en anglais). « Mon objectif principal était de me rendre aux Jeux et de vivre cette expérience. Dans quatre ans, je me concentrerai plus sur les résultats. »

Emma Archibald, coéquipière de Mullin au sein de l’équipe de ski paranordique, affirme qu’elle n’aurait pas pu atteindre ses objectifs aux Jeux sans un système de soutien solidaire. De nature sociable, elle comptait beaucoup sur son entourage et ses camarades de classe pendant sa cinquième année d’études en sciences infirmières à l’Université d’Ottawa ainsi que sur les membres de l’équipe universitaire de ski de fond afin de concilier les exigences de ses études et du sport.

« Le fait de savoir que je ne suis pas seule m’aide énormément, surtout pendant les périodes plus chargées ou stressantes », a dit Archibald au journal francophone La Rotonde de l’Université d’Ottawa.

« J’étais incroyablement fière et émotive de voir mes coéquipières et coéquipiers participer aux Jeux. J’ai canalisé ces mêmes émotions vers moi-même, plutôt que de laisser le stress et la nervosité prendre le dessus. Ce moment marquait l’occasion de me concentrer pleinement et de profiter de l’instant en donnant le meilleur de moi-même. »

Mathieu Lelièvre fait partie des nouveaux joueurs de l’équipe canadienne de parahockey sur glace qui a remporté la médaille d’argent à Milano Cortina.

« Juste d’y être et de pouvoir représenter le Canada, c’est exceptionnel », a affirmé Lelièvre, 20 ans, à Radio-Canada. « Ça a été incroyable d’avoir l’occasion de vivre ma passion avec mes amis et ma famille pendant les Jeux. »

« Quand j’ai enfilé ce chandail pour la première fois aux Jeux, je pensais au petit gars que j’étais à sept ans, qui a toujours rêvé d’y être. Ce n’est pas quelque chose qui est donné à tout le monde. Je suis vraiment fier de l’avoir accompli. »

L’une des 19 nouvelles recrues paralympiques de l’équipe a réussi à remporter une médaille d’or à ses premiers Jeux. Gil Dash, 57 ans, a joué au sein de l’équipe canadienne de curling en fauteuil roulant qui est restée invaincue tout au long du tournoi.

Malgré l’intensité du tournoi, Dash a pris le temps de profiter de chaque instant et de s’imprégner de ce qui se passait sur la glace et ailleurs.

« Je voulais vraiment en profiter », a-t-il expliqué à Moose Jaw Today (en anglais) à l’occasion d’une réception de l’Assemblée législative de la Saskatchewan organisée à Regina en l’honneur des athlètes paralympiques et olympiques de la province. « Des personnes d’expérience m’avaient d’ailleurs déjà dit d’en profiter, d’en profiter pleinement. »

« C’était une sensation sans égal. »

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