Une double casquette pour les pères paralympiques Mark Ideson et Lasse Eriksson

Louis Daignault
19 juin, 2026

« Je dois absolument faire la distinction entre mon rôle de papa et celui d’entraîneur »

OTTAWA — Il ne fait aucun doute, Mark Ideson sait ce que c’est que de ressentir de la pression sur la plus grande scène au monde.

On se rappelle ce moment mémorable où il avait exécuté l’un des lancers les plus remarquables de l’histoire du curling en fauteuil roulant, lors des Jeux paralympiques d’hiver, au mois de mars. Pressé par le temps pour son dernier lancer, il avait écarté une pierre chinoise pour mener le Canada vers la médaille d’or et une fiche parfaite de 11 victoires et aucune défaite.

Toutefois, regarder sa fille concourir depuis le coin des entraîneurs a été encore plus angoissant, alors qu’il faisait des débuts imprévus dans la profession.

« C’est beaucoup plus stressant d’être entraîneur que d’être joueur », a soutenu Ideson, un quadruple paralympien, au cours d’une entrevue avec le CPC. « On a parfois l’impression de perdre le contrôle. »

À l’approche de la fête des Pères, Ideson et l’entraîneur de ski para-alpin Lasse Eriksson vivent une expérience particulière. En effet, ils aident leurs enfants à naviguer dans le sport international tout en apprenant à concilier leurs rôles de père et d’entraîneur.

Contrairement à ce que vous pourriez croire, Ideson n’est pas revenu de Milan Cortina pour célébrer la victoire historique du Canada et se faire inviter à dîner dans toutes les villes situées entre London et Parry Sound.

Sa fille, Brooklyn Ideson, ne lui a pas demandé de prêter sa voiture, mais de les entraîner, elle et son partenaire du double mixte, Owen Purcell, pour les championnats nationaux juniors (qu’ils ont gagnés) et les championnats du monde U21 où ils ont remporté la médaille d’argent.

Après les Jeux, Ideson s’est rapidement inscrit à des formations d’entraîneur et les a terminées à temps pour guider la paire aux deux événements.

« Si vous l’avez déjà vu jouer, vous savez qu’il est plutôt calme et posé », a confié Brooklyn à Curling Canada. « C’est le même genre d’énergie qu’il apporte en tant qu’entraîneur. Il nous aide à garder le cap et nous donne d’excellents conseils dans les grands moments.

« C’était spécial de l’avoir avec nous. »

Tandis qu’Ideson découvrait l’entraînement aux côtés de sa fille, sur la piste de curling, les Eriksson perpétuaient cette même dynamique sur les pistes de ski, et cela depuis 2023.

Pour les Erikssons, la relation père/entraîneur-athlète a commencé à se développer il y a cinq ans, après que Kalle est devenu malvoyant. Ce dernier a ensuite réussi à se tailler une place dans l’équipe canadienne de ski para-alpin.

Eriksson père est entraîneur de ski para-alpin depuis 1996, mais entraîner son propre fils a été pour lui une source de nouveaux défis.

« Je dois absolument faire la distinction entre mon rôle de papa et celui d’entraîneur », a affirmé Lasse Eriksson au Comité international paralympique après les Jeux de 2026. « Nous avons très clairement défini cette relation avant qu’il ne fasse partie de l’équipe. Lorsque nous participons à des compétitions, il est un membre de l’équipe comme tous les autres. »  

Kalle se réjouit de pouvoir compter sur la présence de son père, grâce à cette collaboration qui s’étale sur presque 12 mois par année lorsqu’on additionne les séances d’entraînement et les compétitions.

« C’est formidable d’avoir mon père comme entraîneur », a indiqué Kalle. « C’est toujours bien de l’avoir avec nous lorsque nous voyageons pendant ces longs hivers. »

Cette collaboration a également produit des résultats remarquables. Kalle et sa guide Sierra Smith ont récolté trois médailles lors des débuts de Kalle sur la scène paralympique à Milan Cortina, des instants mémorables pour le père et le fils.

« Gagner une médaille à mes premiers Jeux paralympiques, c’est merveilleux », s’exclame Kalle. « Je n’avais jamais pensé pouvoir y parvenir du premier coup. »

Cette réalisation est d’une importance particulière pour son père.

« C’est un merveilleux moment à partager avec mon fils », indique Lasse. « Je suis très heureux de pouvoir être là pour ses premiers succès aux Jeux. Sa réussite, c’est le fruit de sa détermination et de son travail. »  

Les deux pères disent que la clé pour que cette relation fonctionne est de comprendre quand il faut passer d’un rôle à l’autre.

Ideson affirme mettre l’accent sur les conseils et le soutien au lieu d’essayer de contrôler le résultat.

« On essaie tout simplement d’offrir une certaine perspective à Brooklyn et à Owen avant qu’ils n’attaquent la glace », ajoute-t-il.

Son expérience en tant qu’entraîneur lui a donné une nouvelle appréciation pour la profession, alors qu’il s’apprête à concourir dans un autre cycle paralympique.

« On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve », conclut-il. « J’aimerais continuer à jouer, mais je vois l’entraînement comme quelque chose que je pourrais faire à l’avenir. »

Les médailles constituent peut-être un accomplissement ultime, mais, à l’approche de la fête des Pères, les souvenirs appartiennent également aux familles qui ont aidé leurs enfants à les obtenir.

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