Les athlètes de rugby en fauteuil roulant espèrent amener plus de personnes en situation de handicap à pratiquer un sport
Le coût de l’équipement, l’insuffisance des programmes communautaires font partie des obstacles
Le coût de l’équipement, l’insuffisance des programmes communautaires font partie des obstacles
ST. CATHARINES (Ontario) — Le quintuple paralympien Travis Murao a été témoin du processus de développement du rugby en fauteuil roulant, tant sur le terrain de jeu que dans les bureaux administratifs.
En plus de ses fonctions de joueur au sein de l’équipe nationale, le natif de la Colombie-Britannique travaille également comme coordonnateur technique pour le rugby en fauteuil roulant avec l’Ontario Para Network où il aide au développement de jeunes athlètes.
« Je prends plaisir à puiser dans mon expérience pour aider les nouveaux venus », déclare Murao, 43 ans, qui réside aujourd’hui à Toronto.
Murao se remémore l’impact qu’a eu le rugby en fauteuil roulant sur sa famille après son accident de planche à neige à 17 ans. Ses parents s’inquiétaient au début pour son avenir, mais le voir découvrir ce sport leur a donné de l’espoir.

« En me voyant me lancer dans le parasport et redevenir actif, en me voyant retrouver le moral, ils se sont dit “il va s’en sortir ; il a trouvé son truc, sa vocation” », raconte Murao.
Lors du camp d’entraînement de l’équipe nationale qui s’est tenu le mois dernier à St. Catharines, en Ontario, en prévision des championnats du monde qui se déroulent cette semaine au Brésil, les joueurs ont cerné plusieurs obstacles à surmonter pour favoriser le développement de leur discipline, notamment le recrutement, l’équipement et l’intégration des personnes en situation de handicap dans le parasport.
Tout comme Murao, Byron Green a également à cœur de s’engager activement dans la communauté. Après son déménagement de Vancouver à Victoria en 2021, il a contribué à la mise en place d’un programme junior de rugby en fauteuil roulant, l’un des premiers au pays.
« Voir la différence que les sports en fauteuil roulant font pour les jeunes en situation de handicap et y participer a été un moment très spécial dans ma vie et dans ma carrière”, se remémore Green.

Pour Green, un triple paralympien, l’étape la plus difficile a été de commencer.
« Vous devez accepter de ne pas être bon dès le départ », indique-t-il. « Si on encourage simplement les gens à persévérer, on verra une amélioration constante. »
Les bienfaits vont au-delà du sport.
« Mon histoire et mon parcours ont vraiment touché beaucoup de jeunes en situation de handicap », affirme-t-il. « Je fais tout ce que je peux pour redonner au sport et encourager d’autres personnes ayant un handicap physique à pratiquer un parasport, n’importe lequel, pas nécessairement le rugby en fauteuil roulant. »
Pour les athlètes, la clé de cet avenir commence par offrir à un plus grand nombre de personnes l’opportunité de découvrir le parasport.
Matt Debly, coéquipier de Green, se souvient à quel point il est difficile pour certaines personnes de pratiquer un sport dont elles ignorent même l’existence.
« C’est difficile de recruter des athlètes s’ils ne connaissent pas le sport », ajoute-t-il. « Pour aider à développer la prochaine génération, il faudrait accroître la sensibilisation dans nos communautés, nos écoles et nos systèmes hospitaliers afin d’attirer plus d’athlètes. »

L’accès à l’équipement et aux installations est également important.
« Le fait d’avoir accès, entre autres, à des fauteuils et à de l’équipement permet non seulement de jouer à un haut niveau, mais aussi de participer à ce sport et d’en profiter », affirme Debly.
Les problèmes d’équipement, même pour les joueurs de l’équipe nationale, peuvent entraîner des difficultés financières.
Le coût de l’équipement a pris une tournure personnelle cette année pour le paralympien Rio Kanda Kovac. Il a eu besoin d’un nouveau fauteuil, et il a dû se tourner vers une campagne GoFundMe pour l’aider à financer cet équipement essentiel.
« Les fauteuils coûtent plus de 10 000 $. Il faut les remplacer tous les deux ans », a déclaré Kanda Kovac. « Ma famille et la communauté ont uni leurs forces, et j’ai amassé beaucoup d’argent. C’est pourquoi je ressens tout l’amour et le soutien dont j’ai besoin pour continuer à pratiquer ce sport. »
Kanda Kovac est convaincu qu’un investissement accru dès la base pourrait aider d’autres athlètes à éviter les mêmes écueils.
« Vraiment, nous devrions envisager beaucoup plus de projets locaux », ajoute-t-il. « Permettre à tous les enfants, avec ou sans handicap, de s’essayer au parasport. Je pense que ce sera très important à l’avenir. »
Ces athlètes, qui participent au camp, sont très passionnés par leur sport. Ils désirent que les Canadiens ayant un handicap bénéficient des mêmes bienfaits qu’eux, que ce soit l’appartenance à une communauté, la création de liens ou la chance de représenter le Canada sur la scène internationale.
Cela commence par veiller à ce que l’équipement, les programmes et le soutien nécessaires soient en place lorsque le prochain athlète décidera de tenter sa chance – ce qui s’inscrit dans l’objectif du CPC de permettre à un plus grand nombre de Canadiens de découvrir le pouvoir du parasport et de profiter de ses retombées plus vastes, notamment en favorisant l’inclusion et l’accessibilité, en faisant évoluer les perceptions et en contribuant à bâtir des communautés plus fortes.
Cela se fera en éliminant les obstacles qui continuent d’entraver la participation.
« * » indique les champs nécessaires