La médaillée paralympique Leanne Taylor célébrera la fête des Mères pour la première fois en tant que maman
Elle sera au Japon pour l’ouverture de la Coupe du monde de paratriathlon
Elle sera au Japon pour l’ouverture de la Coupe du monde de paratriathlon
WINNIPEG – Leanne Taylor célébrera sa première fête des Mères en tant que maman dimanche, puis partira le lendemain pour le Japon.
La médaillée de bronze paralympique en triathlon en fauteuil roulant féminin des Jeux de Paris 2024 se rend à l’étranger pour poursuivre sa préparation en vue de l’épreuve d’ouverture de la saison du circuit de la Coupe du monde de paratriathlon, qui aura lieu samedi prochain (16 mai).
Toutefois, Olivier, son fils de neuf mois, Scott Dyck, son conjoint et assistant de course, qui l’aide dans les transitions et la logistique pendant les compétitions, ainsi que sa mère, seront tous à ses côtés et l’accompagneront dans ce nouveau cheminement.
« C’est fou, mais nous aimons ça », indique Taylor à propos de la parentalité. « Oliver a déjà beaucoup voyagé. Ce sera son voyage le plus long. »
Les déplacements en tant qu’athlète paralympique impliquent déjà le transport des vélos à main, des fauteuils de course et de l’équipement de natation. Aujourd’hui, il faut aussi ajouter les poussettes, les piles de couches et Oliver lui-même.
« Ça fait beaucoup », ajoute Taylor, 33 ans, qui est paralysée à partir de la taille à la suite d’un accident de vélo survenu en 2018. « Cependant, lorsqu’il me fait un grand sourire, si quelque chose me stressait, soudainement, ce n’est plus important. »
Après avoir manqué la saison 2025 en raison de sa grossesse, Taylor admet qu’elle s’engage dans l’inconnu cet été sur le circuit de la Coupe du monde de paratriathlon.
« Chaque fois que je participais à une compétition, j’étais assez confiante quant aux cibles à atteindre », a-t-elle confié au CPC lors d’une entrevue. « Cette fois-ci, c’est plutôt une interrogation, et c’est ce qui est formidable. »
De nouveaux défis attendent Taylor, qui revient au sport d’élite après sa grossesse, et bon nombre d’entre eux n’ont aucun rapport avec les temps intermédiaires et les répétitions dans la salle de musculation.
« Trouver des gardiens d’enfants et s’occuper tout simplement de la logistique, ce sont des choses auxquelles on ne pense pas nécessairement à l’avance », confie-t-elle. « La récupération est plus difficile. On dort moins. »
Pendant sa grossesse, Taylor a fait en sorte de rester aussi active que possible. Cette discipline a porté des fruits, la courbe de récupération ayant été moins ardue que prévu.
Elle attribue à son médecin le mérite de l’avoir encouragée à faire de l’exercice. La natation l’a aidée à maintenir sa forme physique et elle a également réussi à dompter le vélo à main.
« Le vélo à main était difficile pendant la grossesse, parce que ces appareils sont très aérodynamiques et ne laissent pas beaucoup d’espace », poursuit-elle. « Mais c’était aussi très satisfaisant de remonter dessus après l’accouchement. »
Aujourd’hui, elle a repris ses deux séances d’entraînement par jours, sept jours par semaine. Taylor dit que la maternité a changé sa conception du succès et de l’échec dans le sport.
« Si j’ai une mauvaise journée à l’entraînement, ce n’est pas une mauvaise journée si le petit bonhomme n’est pas malheureux », affirme Taylor, agente de la conformité au sein d’une société pharmaceutique. Elle a été nommée parmi les 25 meilleures femmes leaders dans le domaine de la biotechnologie en 2022. « Cela m’a permis de trouver un véritable équilibre. »
Le soutien de sa famille a également joué un rôle important dans le retour de Taylor au sport. Cette dernière est également reconnaissante du soutien qu’elle a reçu de Triathlon Canada et du système sportif dans son ensemble.
« Je pense que nous avons hésité un peu à cause de ce que certains athlètes ont vécu dans le passé », affirme-t-elle. « Mais ça a été vraiment rafraîchissant. Les coéquipières et les membres du personnel ont embrassé la maternité d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas. C’est vraiment différent de ce que les athlètes ont vécu dans le passé. »
Elle met de l’avant les transformations dans le système sportif international qui offrent aux athlètes mères l’opportunité de continuer à s’entraîner et à concourir. Elle mentionne en particulier les politiques de congé de maternité qui permettent aux femmes de faire une pause dans leur carrière sans craindre que cela mette un terme à leur parcours professionnel.
Sur sa page Instagram, Taylor continue de documenter son cheminement dans la maternité dans l’espoir de donner de la visibilité aux parents et aux athlètes en situation de handicap qui envisagent de fonder une famille pendant leur carrière.
« Je me suis rendu compte à quel point il était important pour moi de voir d’autres parents ayant un handicap en action », révèle-t-elle. « J’espère que les gens verront que les personnes ayant un handicap peuvent être des athlètes, des mamans, avoir un emploi et remplir différents rôles. »
En tant que mère, et avec sa propre mère à ses côtés, cette fête des Mères revêt pour Taylor une signification toute particulière.
« Nous avons attendu la fin des Jeux pour essayer de fonder une famille », révèle-t-elle. « On a toujours peur de ne pas avoir cette opportunité. Alors, je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu vivre cette merveilleuse expérience et d’être devenue maman. »
La première course à Yokohama la semaine prochaine sera également un test.
« Je suis tout simplement heureuse d’être de retour. »
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