Trevor Hirschfield s’épanouit dans son nouveau rôle d’entraîneur de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant
Le quintuple paralympien dirige la formation qui se rendra bientôt aux championnats du monde
Le quintuple paralympien dirige la formation qui se rendra bientôt aux championnats du monde
ST. CATHARINES — Trevor Hirschfield se tient au niveau du milieu du terrain, le long du mur latéral, et analyse d’un œil aiguisé le match d’entraînement d’Équipe Canada.
Nous sommes à la fin juillet, et l’équipe est en plein milieu d’un bloc d’entraînement intense d’une semaine à l’Université Brock en vue de se préparer pour les Championnats du monde de rugby en fauteuil roulant 2026, qui se dérouleront du 17 au 23 août à Sao Paulo.
La première séance de deux heures de la journée se déroule à un rythme effréné, mais les joueurs enchaînent sans relâche les exercices et les matchs. Ils savent qu’ils auront un programme très chargé au Brésil avec huit matchs en sept jours.
Ces mondiaux sont le premier tournoi d’envergure auquel prendra part le Canada depuis les Jeux paralympiques de 2024, où l’équipe avait terminé au cinquième rang. Toutefois, il ne fait aucun doute qu’elle sera dans une forme exceptionnelle et qu’elle sera prête pour la compétition.
Hirschfield, un quintuple paralympien originaire de Parksville, en Colombie-Britannique, a été nommé entraîneur-chef de l’équipe en mars 2025. Il met aujourd’hui à profit les leçons qu’il a apprises alors qu’il faisait partie des joueurs de rugby en fauteuil roulant les plus accomplis du Canada dans son nouveau rôle.

Après plus d’un an à ce poste, Hirschfield admet que la transition du rôle de joueur à celui d’entraîneur va plus loin que la mise en place de tactiques et de stratégies.
« Le plus grand défi est de pouvoir créer des liens de façon différente », a expliqué Hirschfield au CPC après la séance d’entraînement. « Il ne s’agit plus de mes coéquipiers. Ce sont des athlètes avec lesquels je travaille, et il faut trouver une autre façon de les soutenir et de collaborer avec eux. »
La transition a l’air de fonctionner. Huit des douze joueurs de l’équipe qui représentera le Canada aux mondiaux ont concouru aux côtés de Hirschfield, et certains d’entre eux pendant près d’une décennie.
Eric Rodrigues, qui a disputé deux tournois paralympiques avec Hirschfield, est convaincu que l’expérience de ce dernier en tant qu’athlète lui confère une compréhension profonde du jeu, une qualité qu’il est difficile de reproduire.

« Il a été mentoré par les meilleurs », d’ajouter Rodrigues. « Comme entraîneur, il tient compte du point de vue des joueurs et cela se reflète dans ses méthodes d’entraînement. »
Rodrigues apprécie particulièrement le fait que Hirschfield tienne compte des rétroactions de tous les joueurs, et le respect va dans les deux sens.
« Il sait à quel point il est important pour un entraîneur de comprendre ce que pensent les joueurs », poursuit Rodrigues. « Ce n’est pas une rue à sens unique. C’est un immense effort de collaboration. »
Cette approche est particulièrement importante, alors que le Canada présentera une équipe composée de vétérans et de quatre joueurs qui en sont à leurs débuts dans le programme de l’équipe nationale.
Nous sommes en train de créer un environnement dans lequel tout un chacun se sent le bienvenu, se sent important et pousse les autres à s’améliorer », a expliqué l’entraîneur.

Alors que la première séance tire à sa fin, les joueurs forment un cercle pour échanger dans une ambiance détendue avant le dîner. La question du jour est la suivante : quel est votre fromage préféré?
Les réponses varient. Certains préfèrent le cheddar. D’autres optent pour le brie. Il n’y a pas de consensus, mais le consensus, ce n’est pas le résultat recherché.
« Ma plus grande récompense en tant qu’entraîneur, c’est de voir l’évolution des athlètes », ajoute Hirschfield. « Personne ne fait preuve de complaisance. Ils essaient tous de donner le meilleur d’eux-mêmes pour l’équipe. »
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